<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182</id><updated>2012-02-17T19:18:14.726-08:00</updated><category term='souple'/><category term='chant'/><category term='ignorance'/><category term='Innu'/><title type='text'>Innushkuess- Fille Innu</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>41</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7432316405613935239</id><published>2012-01-19T17:48:00.000-08:00</published><updated>2012-01-19T17:54:30.552-08:00</updated><title type='text'>violence</title><content type='html'>elle est brute, elle s'élance, comme une entièreté, comme la démence. elle crie, elle jure, elle n'a pas besoin de faire mal pour faire souffrir.  un coup sur le visage. un coup de pied dans le vide. un geste mal articulé qui se veut justicier, même pas un bleu, une égratignure. des pas qui courent. qui cherche la sécurité. les bras de quelqu'un. un téléphone. un cri incohérent. une brisure. un mot. violence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7432316405613935239?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7432316405613935239/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2012/01/violence.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7432316405613935239'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7432316405613935239'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2012/01/violence.html' title='violence'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7235411105690176575</id><published>2011-12-05T10:11:00.000-08:00</published><updated>2012-01-09T11:43:48.005-08:00</updated><title type='text'>Pauvres</title><content type='html'>Ma mère parle peu de son enfance.  Lorsque ça lui arrive, elle parle surtout de repas.  Elle dit &lt;span style="font-style:italic;"&gt;il n'y avait pas de légumes, pas de fruits, on mangeait surtout des pâtes. J'allais chez ma soeur plus vieille pour boire du lait de vache, on avait pas de lait de vache chez-nous.  &lt;/span&gt;  Elle dit du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;lait de vache&lt;/span&gt; et ça me fait rire.  Je n'ose pas demander quel sorte de lait elle buvait dans sa maison. Elle trouve ça drôle, un peu comme je trouve drôle moi aussi d'avoir eu à porter les vêtements usés de mes soeurs.  Personne n'en meurt. J'essaie de voir à quoi elle ressemblait cette réserve, ce village pauvre, habité par des gens pauvres, qui subsistaient à grandes poches de patates et de farine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis j'entends parler d'une réserve, dans le nord de l'Ontario, la belle et riche province, l'Ontario. Ces échos de pauvreté in-crédible jusque dans nos téléjournaux locaux québécois.  Attawapiskat, un village que je ne connaissais pas avant de voir la &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201111/30/01-4473174-crise-du-logement-ottawa-impose-une-forme-de-tutelle-a-attawapiskat.php"&gt;photo de presse&lt;/a&gt; d'une cabane construite moitié en toile, moitié en planches. On n'y croit pas. Encore de ces exceptions généralisées. On voit les vieux et les enfants, les parents inquiets et les cabanes qui se multiplient.  C'est un village tout entier.  Ce sont des membres des Premières Nations, des Canadiens.  C'est la minorité invisible. Ceux qui habitent des parcelles de territoire réservées.  Attawapiskat, fondé en 1950. Près de deux milles habitants.  À quel moment ces gens ont-ils choisi d'être pauvres? Car si on peut créer la richesse, on peut également créer la pauvreté.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je déteste le mot "réserve", comme je déteste l'idéologie que renferme ce mot. Je suis outrée par la péjoration, par le  racisme et le cloisonnement de ce mot.  Mais je l'utiliserai.  Je continuerai à parler des réserves tant qu'elles existeront, tant que la loi canadienne et les normes sociales resteront les mêmes. Toutefois, je ne suis pas désabusée, au rythme où vont les choses, dans le cri grandissant des premiers peuples, je sais qu'un jour elles changeront.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7235411105690176575?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7235411105690176575/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/12/pauvres.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7235411105690176575'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7235411105690176575'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/12/pauvres.html' title='Pauvres'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1773595011509958740</id><published>2011-12-04T19:17:00.000-08:00</published><updated>2011-12-04T19:32:44.560-08:00</updated><title type='text'>Le recul</title><content type='html'>Il m’arrive, devant autant d’encouragements et d’approbations et de félicitations, dus à mon livre, de me dire que je ne le mérite pas.  J’en suis consciente, ma mère plus que moi.  Les gens m’invitent pour que je puisse parler de mon livre à des classes, à des publics, et j’accepte sans savoir ce que je leur raconterai.  À quel moment me suis-je forgé une opinion solide sur l’écriture, sur ma culture, sur mon propre livre? Elle m’est tombée dessus, cette notoriété ou appelez ça comme vous voulez.   Le fait que ma parole soit écoutée.  C’est presque incroyable.  Je ne pense pas en avoir rêvé avant.  Voulez savoir ce à quoi je rêvais, avant?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rêvais d’une maison, petite, bâtie exprès pour moi.  Sur le bord de la mer, tout près de l’eau, la Côte-Nord qui longe le fleuve.  Une maison en bois avec une galerie peinte en blanc.  Derrière, la forêt épineuse.  Enseigner aux jeunes de mon peuple.  Leur dire tous les jours qu’ils sont les meilleurs.  Leur apprendre le français et la fierté d’être soi.  Apprendre d’eux le façonnement du savoir, l’éternelle mutation des idées.  Leur souhaiter bonne route et recommencer, sans cesse.  J’ai bien rêvé d’un livre à publier, quelque part entre les boires du matin et les devoirs à finir.  Quelque part entre ma solitude et les veillées tardives.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je regarde la route des possibles.  Je l’avoue.  Je ne croyais pas que la vie était si vaste.  Fluide même, capable de se glisser entre les convictions et le quotidien monoparental.  Le mondial et les jouets qui traînent.  Je savais, ou j’aime croire que je savais, que rien n’est impossible.  Pourtant, plus le rêve devient palpable, plus tout me semble irréel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis tout ce qui me vient en tête ces jours-ci, le goût d'écrire quelque chose de neuf.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pas pour le rêve, pas pour les autres.  Juste pour la poésie qui m'appartient.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1773595011509958740?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1773595011509958740/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/12/le-recul.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1773595011509958740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1773595011509958740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/12/le-recul.html' title='Le recul'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1885133470169498407</id><published>2011-10-06T06:22:00.000-07:00</published><updated>2011-10-07T04:51:41.024-07:00</updated><title type='text'>La route du bout du monde</title><content type='html'>Pour moi, aller vers la mer c’est rouler vers l’ouest. C’est peut-être le plus dérangeant quand on vient au Québec : tout d’un coup le soleil vous a joué un tour. On roule quand même vers la mer, on ne la voit pas mais on sait qu’elle est au bout de la route, et ce très mystérieux rapport – parce qu’on n’y pense pas, on n’imagine même pas que ça ait pu rejoindre votre conscience – entre le moment, la direction et le soleil qui se lève dans votre dos ou se couche dans votre pare-brise, ce qu’on avait intérieurement intégré depuis toujours a basculé : pour aller vers la mer, il faut rouler vers l’est, et pourtant c’est la même mer.&lt;br /&gt;En venant vivre un an au Québec (mais j’ai appris là-bas qu’il existait des noms bien plus anciens pour le désigner comme pays), ce ne sont pas les villes qui ont été la découvert – même si Boston, New York, Toronto et Montréal vous apprennent autrement l’Amérique, parce que c’est en Amérique qu’on vit –, Québec vous apprend d’abord son fleuve, parce que je ne savais pas qu’un fleuve pouvait être ainsi.&lt;br /&gt;Par exemple, ici, en France, avant le partir, ce fleuve avait un nom. Une fois là-bas, je doute d’avoir jamais entendu prononcer ce nom chrétien qu’il porte sur les cartes chrétiennes (je ne me considère pas comme chrétien, je n’ai pas de dieu et déteste tout discours qui s’en revendique). À quoi bon nommer un fleuve, s’il n’y en a qu’un ? On nomme les rivières qui le rejoignent, mais elles se ressemblent toutes, surgissant transparentes d’entre les épinettes : alors elles ont gardé le nom plus ancien, le nom que leur donnaient celles et ceux qui pour l’hiver les remontaient jusqu’au campement de trappe. &lt;br /&gt;Toute une année je n’ai pu me déprendre d’être fasciné par ce fleuve, dans sa manière grise miroitante si le ciel est gris, dans sa manière puissante et sombre et noire si le ciel est au noir, dans son éblouissement tranquille et calme si c’est le printemps continental qui s’installe – on l’a vu dans la glace, on a attendu des traversiers à son bord, là où il respire par des marées, on a remonté son cours dans un bateau affrontant vagues et vents, on a appris où finissait son échange avec la mer, estuaire qui vient finir à plus de mille kilomètres de l’embouchure : qu’est-ce que ça signifie, pour nos petites dimensions d’Europe ? &lt;br /&gt;Et c’est par le fleuve qu’on a découvert la route – la route qui longe le fleuve, l’accompagne. Dans les anciens récits (il ne faut pas remonter loin : par exemple, à quelques dizaines de minutes de voiture de Québec, au bout de l’île d’Orléans, il y a un bouquiniste, et j’ai trouvé toute une suite de livres sur Anticosti), les voyages entre Montréal et Québec, entre Québec et Anticosti se faisaient encore il y a moins de cent ans &lt;a href="http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article910"&gt;uniquement par bateaux&lt;/a&gt;, le fleuve était à lui-même sa propre route, c’est seulement les camions qui ont inventé la 138. &lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-V1SfHxMivAA/To2yct_AtZI/AAAAAAAAACU/1mgpj76vi4Q/s1600/138_photo2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 214px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-V1SfHxMivAA/To2yct_AtZI/AAAAAAAAACU/1mgpj76vi4Q/s320/138_photo2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660376513124545938" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;J’avais eu un avant-goût un an plus tôt, en venant vers Moncton et Halifax. L’avion à hélice qui survole ces étendues sans limite de vert sombre troué de lacs aux formes chacun différentes. Puis les heures de route quand on vous emmène, que la route est toute droite, qu’elle est bordée d’une &lt;a href="http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article954"&gt;forêt sans jamais de chemin&lt;/a&gt; ni trouée, sinon pour les pylônes et lignes électriques. Je saurai seulement plus tard qu’à la jonction de la forêt et des eaux on peut remonter pour vivre : quand c’est en voiture, la forêt paraît infinie, mais aussi infiniment stérile – à moins de quelques animaux morts, écrasés par les camions, et qui ne sont pas les animaux dont l’Européen est familier. &lt;br /&gt;Ce qui était étrange, entre Moncton et Halifax, c’est d’entendre des façons de prononcer la langue que je retrouvais telles que dans ma Vendée d’enfance. En cinquante ans, nous avons perdu cette façon de rendre les diphtongues qui perdurait depuis cinq cents ans dans nos pays du bord de l’eau, les pays face à l’ouest. Ici, ces parlers continuaient : on me disait que les navigateurs partis de ces lieux miens savaient naviguer seulement à latitude fixe, qu’ils allaient tout droit et s’installaient là. &lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1859"&gt;À Baie Saint-Paul&lt;/a&gt;, je m’arrêterais souvent à cet endroit où on avait témoignage que &lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2176"&gt;Jacques Cartier&lt;/a&gt; avait mouillé : paysage d’eau et d’arbres dont il semble qu’en cinq cents ans, comme la langue acadienne à Moncton, rien n’ait changé. Celui-ci avait remonté le fleuve, mais plus avec la même langue : la langue qui se parle à Québec n’est pas celle que je reconnaissais pour mienne à Moncton. &lt;br /&gt;On pourrait faire tenir en France, en la serrant un peu, en diagonale, toute la 138, par exemple en partant tout droit de Menton pour aller jusqu’à Dunkerque. Peut-être même qu’une route inventée, comme ça, qu’on tirerait à la règle sur les cartes, comme on ferait plus tard avec les lignes de train à grande vitesse, passerait comme eux dans très peu de villes, à l’écart de tout, et principalement de Paris, puisque ce qui caractérise d’abord notre pays c’est que tout y est concentré en étoile, depuis la zone urbaine principale qu’est Paris. Mais, dans nos paysages de collines et de bois, à part quelques zones dans le Morvan (si on s’en tient à cette route droite en diagonale qui irait de Menton à Dunkerque), il n’y aurait jamais deux kilomètres sans apercevoir un signe du travail humain, de ce paysage transformé par le travail humain. C’est la violence et la majesté des paysages d’Amérique : la route même, la 138 toute mince et droite, s’y glisse sans les changer, retient ses signes (motels, marchands de SkiDoo, églises et quelques maisons) qui garde ses signes accrochés à elle, pour se pousser plus loin jusque tout au bout où elle s’arrête.&lt;br /&gt;C’était un rêve, d’aller là où elle s’arrête. Au bout d’un an d’Amérique, on a la liste de tous nos rêves, comme ça, nos rêves d’Européens, nos rêves inventés sur les cartes et dans les livres, les rêves qu’on a pas réalisés. Parce qu’une année ça passe vite, parce qu’on n’était pas là-bas en vacances, parce que surtout on n’avait pas compris l’étendue, la spatialité. &lt;br /&gt;Cette première fois qu’on avait loué une voiture, et qu’on y comprenait même rien à la boîte automatique : c’était si simple, sur la carte, de suivre la 138, d’aller là et puis là. Nous sommes d’un pays où passer ses vacances à tel endroit et revenir à un autre, aller au bout de l’ouest à Ouessant et puis revenir, c’est toujours l’affaire d’une nuit au plus. On n’avait pas compris le déploiement de l’échelle. &lt;br /&gt;Voyage pour rien ? Non. On a appris la 138. On a appris un bout, un petit fragment, de la 138. On a appris le fleuve, un bout, un petit fragment du fleuve. On n’a pas appris la forêt ni l’hiver : à &lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2315"&gt;Mashteuiatsh&lt;/a&gt;, on a appris qu’on ne les savait pas, qu’on ne pourrait savoir. On a appris par le contact direct de celles et ceux qui savaient, et dont on supposait à peine que ce savoir pour nous lié à l’origine de ce rapport de l’homme à son paysage, venait rejoindre le temps contemporain. &lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2073"&gt;par d’autres textes&lt;/a&gt; comme celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-kVJTY-RWA74/To2yzfFuTBI/AAAAAAAAACc/-H76BDQxsvI/s1600/138_photo3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 214px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-kVJTY-RWA74/To2yzfFuTBI/AAAAAAAAACc/-H76BDQxsvI/s320/138_photo3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660376904263158802" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Nous n’avons pas été au bout de la 138 : je me souviens avoir photographié un jour, un matin de septembre qu’il pleuvait, cette station d’essence aux Escoumins. Et quelques semaines plus tard, à la fac de Québec, avoir découvert par un texte lu à voix haute que cette même station d’essence était la porte d’un autre pays, bien plus loin, dont je ne saurais rien, mais que j’apprendrais &lt;br /&gt;Nous ne sommes pas allés au bout de la 138, mais nous avons beaucoup roulé sur la 138. Souvenir d’un jour d’hiver, avec une tempête sur Québec au loin, plein ouest puisqu’on revenait, et que soudain le soleil très bas, diffractant à ras des montagnes du nord, avait éclairé par en-dessous, dans une lumière jaune verte de fin du monde, l’étouffement bas des nuages. &lt;br /&gt;Avoir un peu mieux compris l’espace, ce qui nous est concédé d’espace sur la vieille terre ronde, âgée et commune, par la 138. Avoir un peu mieux compris qui on est, les hommes, et ce que chacun de nous porte en soi de l’expérience globale de tous, et du très ancien temps de cette expérience de tous, par la 138 et ceux qu’elle rejoints.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-pTatXmTRGgU/To2y_v-ZUmI/AAAAAAAAACk/9SROmSs0dLc/s1600/138_photo1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 214px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-pTatXmTRGgU/To2y_v-ZUmI/AAAAAAAAACk/9SROmSs0dLc/s320/138_photo1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660377114954256994" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 François Bon | www.tierslivre.net&lt;br /&gt;2 François Bon | www.tierslivre.net&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1885133470169498407?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1885133470169498407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/10/la-route-du-bout-du-monde.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1885133470169498407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1885133470169498407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/10/la-route-du-bout-du-monde.html' title='La route du bout du monde'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-V1SfHxMivAA/To2yct_AtZI/AAAAAAAAACU/1mgpj76vi4Q/s72-c/138_photo2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7436373029025255306</id><published>2011-09-12T09:25:00.000-07:00</published><updated>2011-09-12T09:29:14.710-07:00</updated><title type='text'>Connaître tes mots</title><content type='html'>Le train est bondé.  Les enfants courent sur le passage étroit entre les deux rangées de banquettes qui se font face les unes aux autres.  Les plus jeunes sont couchés sur le tissu épais, ils dorment les poings fermés et le souffle doux.  Les plus vieux jouent aux cartes sur les tablettes repliables.  On entend le rire et les termes familiers de la chasse.  Dehors, c’est l’hiver et le vent du Nord déferle sur les arbres enneigés.  Dans la chaleur des wagons, on se parle de tout de rien, parce qu’on se connait.  J’ai onze ans.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es assis en face de moi.  Tu regardes la forêt défiler.  Tu es vieux.  Peut-être un peu trop pour faire ce long trajet qui dure toute une journée.  La brièveté des séjours dans le bois est devenu nécessaire depuis que tes os te font souffrir.  Les cheveux blancs, les yeux comme des fentes. La peau brune à cause de la vieillesse.   Les rides sur ton visage, des écorchures ou une histoire.  À cet instant, tu me parles, marmonnes une langue lointaine.  Un léger tremblement aux mains quand tu pointes les bois, les montagnes, Nutshimit la terre du centre.  J’ignore ce que tu tentes de me dire.  Je comprends à peine tes soupirs et tes yeux embués.  Je t’écoute.  Je te regarde, les yeux ronds, et difficilement, peu à peu un mur s’abat.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Je voudrais tant savoir tes mots.  Les inscrire à jamais dans ma mémoire.  Les garder comme on garde la vie à l’intérieur de soi.  Comme on garde le courage devant l’incertain.  À mon tour, connaître les choses dont tu parles.  Même les connaître abstraitement, sans les avoir touché, les voir de tes yeux. &lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;C’est comme si c’était la première fois.  D’immenses épinettes encerclées par la neige épaisse.  Je remarque le lointain.  La ligne d’horizon bleutée.  Le lent continuum d’un paysage sauvage, inaltéré.  Je sais que tout ceci est parfait. Dans ton esprit éraflé par les années, peut-être tentes-tu de me léguer ta mémoire.  Peut-être y-a-t’il un autre chemin derrière cette pureté.  Plus rugueux, avec plus d'embûches, plus difficile à préserver de l'ignorance.  Peut-être connais-tu l’issu de ce chemin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, ils me diront comme tu étais un grand homme.  Un savant.  Un érudit de la chasse.  Un phénomène dans l’art du tambour.  Un arpenteur lorsqu’il s’agissait de reconnaître les droits Innus.  Un dictionnaire humain comme ils me diront. À moi, parce que j’aurai voulu, à cause de ces mots incompris, écrire ta vie.  Mushum, Grand-Père.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7436373029025255306?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7436373029025255306/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/09/connaitre-tes-mots.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7436373029025255306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7436373029025255306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/09/connaitre-tes-mots.html' title='Connaître tes mots'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-3383197993696896603</id><published>2011-08-22T21:22:00.000-07:00</published><updated>2011-08-22T22:10:19.072-07:00</updated><title type='text'>La timidité lorsqu'elle se déclanche</title><content type='html'>Ils disent qu'il faut être soi-même, de la longueur des paroles jusqu'à la justification de ses moindres gestes.  Qu'il faut charpenter un soi-même. Le rendre inébranlable.  et se sentir à l'abri de tout, de la critique et de tout.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais à peu près ce que j'aime, les balades en voiture, la musique douce, les lettres écrites tout bas et les yeux foncés.  Mais si on me propose une marche à pied ou un concert rock, je ne refuserai pas, pas forcément.  Parce que je suis timide.  Timide d'être moi.  Incohérente dans mes envies de danser.   Indécente dans ma volonté de ressembler ou de disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils disent qu'on se façonne et qu'on se forge à la lumière du forgeron.  Qu'il y a l'âme, qui doucement apparaît.  Qu'il y a les autres, qui comme une fraude nous corrompent.  Mais qu'il faut devenir.  Qu'il faut être cette drôle de bestiole unique, sans pareille.  Une belle énormité qui se transcende, un peu partout, un peu n’importe comment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’arrive, moi, de vouloir être l’autre.  La voisine à la voix aigue que l’on entend jacasser d’un bout à l’autre de la rue.  Ou la grande fille qui joue à la ballerine sur ses talons aiguille, et qui danse entre un canapé aux crevettes et un verre de rosée. Étourdissante.  Ravie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il m’arrive d’être insatisfaite.  Atteinte sur mon droit de la personne.  Sur la réalité toute incommode d’être juste moi, alors j’écris. J'écris ce rêve de devenir.         &lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-3383197993696896603?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/3383197993696896603/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/08/la-timidite-lorsquelle-se-declanche.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3383197993696896603'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3383197993696896603'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/08/la-timidite-lorsquelle-se-declanche.html' title='La timidité lorsqu&apos;elle se déclanche'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4883125284929571662</id><published>2011-06-20T10:49:00.000-07:00</published><updated>2011-06-20T11:59:38.610-07:00</updated><title type='text'>Une brèche et des perches</title><content type='html'>Les choses, comme les gens, évoluent, au rythme lent des saisons.  On délaisse des guerres qui nous corrompent, on adopte une attitude de paix et étrangement les gens que l'on appelait nos ennemis deviennent des êtres avec qui on gagne à partager. Ces l'impression que j'ai lorsque je vois les gens de mon pays se tendre des perches vers le respect mutuelle des différences que les peuples portent comme une fierté, non plus, une entrave.  Nous avons cherché trop longtemps à secouer le passé qui nous nuisait, une querelle entre Blancs et Indiens, qui sommes toutes ne correspondaient même plus à l'idée qui l'avait fait germer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois, il fallait être conquérant.  Cette mentalité fétide de supériorité de races entre humains. Darwin ne nous aura pas aidés sur ce coup-là.  C'est cette manière de penser qui a entraîné l'écrasement des peuples, ceux qui se nourrissaient de petits fruits fraîchement cueillis, dormaient sous les tentes  et se guérissaient avec des racines arrachés du sol. Ces avec ces mentalités qu'on en vient à enfermer tout une nation dans des réserves aux clôtures hautes et à l'espace restreint.  C'est aussi par elles que naissent les enfants dans la misère.  L'éloignement jusqu'à l'exclusion la plus totale.  Une barrière impénétrable entre peuples d'un même pays. C'est ce passé que l'on ne comprend pas, car aujourd'hui on parle d'égalité, de justice et de droits humains, comme on parle du beau temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je disais des perches.  Des Innus assis à la même table que le gouvernement pour parler d'avenir.  Une élection fédérale dans laquelle trois députés font partis des Premières Nations.  Des excuses officielles du Premier Ministre pour ces drames qu'ont causés les pensionnats Indiens.  Et demain, la journée Nationale des Autochtones au Canada, journée établis depuis une quinzaine d'années.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette brèche, d’une part et d’autre, peut enfin laisser entrer l’air dans le cloisonnement des réserve et souffler les poussières d’amertume qu’elle l’y a laissé.  Je crois, et il se peut que je sois seule à y croire, que l’avenir sera plus doux pour les miens, parce que dans l’immensité de ses forêts, on voit poindre des hommes, des femmes, qui se tiennent droit et qui forceront le vent en leurs faveurs.  Car la solution, bien avant tous les programmes gouvernementaux et les campagne de sensibilisation, s'initie au sein même des communautés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne journée Nationale des Autochtones Innut!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4883125284929571662?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4883125284929571662/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/06/une-breche-et-des-perches.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4883125284929571662'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4883125284929571662'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/06/une-breche-et-des-perches.html' title='Une brèche et des perches'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2156842269688459934</id><published>2011-06-08T13:17:00.000-07:00</published><updated>2011-06-08T13:42:15.280-07:00</updated><title type='text'>La résidence</title><content type='html'>Bientôt, j'irai me loger dans une résidence d'écrivain.  Il y a quelques mois, j'ai postulé dans l'espoir de ne pas avoir à travailler cet été, mais plutôt écrire.  Tandis que le mois de juillet approche, je sens la nécessité d'observer d'avantage le monde qui m'entoure pour en offrir une image, des mots et peut-être un deuxième livre.  Je n'ose pas dire que je cherche l'inspiration.  Plutôt le titillement du coeur, le ton juste, la phrase courte qui exprime l'instant.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur quoi écrirais-je?  Sur moi? Peut-être.  Sur les Innus?  Sans doute encore un peu.  Sur le cloisonnement.  Sur la richesse de la terre.  Sur le fait d'être appelé maman. Sur les choses belles qui méritent qu'on s'y attarde.  Le regard amoureux d'un gars aux cheveux frisés.  Les pas insouciants de mon bébé ours.  La sobriété. L'égalité.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écrire.  Enfermer dans des mots les choses trop grandes pour être dites tout haut.  Hachurer des secrets. Fumer une cigarette.  Dormir tard, tant que le café fait effet.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il y a ces quelques pages, peut-être chapitres qu'il faudra remettre à la fin, de bonne foi.  Parce que le principal désir de celui qui écrit, quoiqu'en disent les autres, c'est d'être lu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2156842269688459934?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2156842269688459934/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/06/la-residence.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2156842269688459934'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2156842269688459934'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/06/la-residence.html' title='La résidence'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-5513085614288092569</id><published>2011-05-22T20:15:00.000-07:00</published><updated>2011-05-22T20:21:25.993-07:00</updated><title type='text'>Innue, femme humaine</title><content type='html'>Il y a des questions que je me pose, que je ne posais pas avant.   Lorsque des journalistes entrent dans mon quotidien, ils trouvent parfois des choses à interroger.  Élevée seule un enfant, aller à l’école et écrire un livre, je l’ai fait sans le savoir.  Puis parler de mon peuple, une seule voix, je raconte des choses que je sais.  Nous sommes une communauté, bien au-delà du terme.  Nous savons tout de l’autre, et personne ne crèvera de faim chez-nous.      &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après leur coup de fil, il y ces interrogations qui me restent.  Avoir si vaillamment parlé des miens, je tente de comprendre en moi-même, ce que signifie être Innue, femme du peuple nomade.  Je sais que ma grand-mère ne s’est jamais posée la question, car elle l’habitait cette culture ancienne, elle l’incarnait.  Se poser la question, c’est mettre une distance, déjà.  Lui poser la question, s’aurait été un affront à sa dignité, elle qui créait de ses mains habiles toute la beauté de ce que nous savons aujourd’hui, de ce qui reste.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette question elle me pèse, elle m’obsède.  Être Innue?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois, ça devait être incroyable.  La lourdeur sur les épaules.  Traverser chaque mille à pied.  Ne pas se plaindre.  Chaque montagne comme la première.  Observer l’enfant sautiller sur des flaques.  C’est un monde que je ne connais pas.  J’aurais voulu qu’on m’en parle.  Sans complainte.  J’aurais voulu savoir comment ma grand-mère accouchait de ses bébés.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que je peux me fondre dans une culture qui n’est pas la mienne.  Y trouver ma place, comme une autre.  Me résoudre à n’être qu’une étincelle de moi, une brindille qui brûle et qui s’éteint par manque de foi.  Je sais.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être Innue.  Je veux savoir comment. Au-delà des siècles et des dictatures et dominations, il y a un peuple, bien d’autres, qui ne cessent de se répandre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce que c’est que d’être Innue aujourd’hui.  Je parle en tant que femme, je parle en tant que mère, je parle en tant que descendante des Premiers habitants.  Ce que je sais, c’est l’émotion ancrée, presque enfouie dans le souffle, lorsque j’observe même distraitement une femme dépecer un caribou. Ou bien enlever toutes les aiguilles d’un porc-épic, pour qu’ailleurs on puisse le manger, pour que la table sois mise.   Lorsqu’il fait automne et les feuilles ramollissent, il y a dans leurs gestes une vaillance que je ne saurais écrire.  Dans leurs repas, une vigueur contrôlée.  Ce sont elles qui nous ont élevés, nourris, puis rassasiés, elles ont été le témoin de nos querelles.  Ces mères, vieilles de cent ans.  Ces mères toutes jeunes, à peine pubères.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être Innue?  Femme humain, puisque Innu désigne aussi bien mon peuple que l’humain.  Être Innue, dans un monde qui tend au multiculturalisme, au mondial.  Innue, parce qu’il y aura plus tard des enfants qui nous parleront dans cette langue qui subsiste.  Être Innue, parce que ne pas l’être c’est éteindre le feu qui brûle.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que je suis porteuse de quelque chose de plus grand que moi. Je veux le découvrir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-5513085614288092569?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/5513085614288092569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/innue-femme-humaine.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5513085614288092569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5513085614288092569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/innue-femme-humaine.html' title='Innue, femme humaine'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-633041100057965725</id><published>2011-05-16T19:52:00.000-07:00</published><updated>2011-05-16T19:53:39.851-07:00</updated><title type='text'>ailleurs</title><content type='html'>Petite, je croyais appartenir à un monde bien différent.  Je ne savais pas le mépris.  J’ignorais la condescendance.  Même la justesse de ces mots.  Même l’indifférence qu’apporte ce statut d'indienne.  Je ne savais pas, mais je voulais être quelqu’un d’autre.  Dans la même blancheur.  Parce que le monde est petit, et je suis toute idiote de rêver d’un monde grand, dans lequel chacun saurait ce qu’il est.  Dans lequel chacun aimerait ce qu’il est.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-633041100057965725?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/633041100057965725/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/ailleurs.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/633041100057965725'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/633041100057965725'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/ailleurs.html' title='ailleurs'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7252100803482008896</id><published>2011-05-09T18:47:00.000-07:00</published><updated>2011-05-09T18:50:16.052-07:00</updated><title type='text'>Lancement de Kuessipan à Uashat</title><content type='html'>Il y a quelques jours à peine, je me tenais debout devant une centaine de personnes.  Quelques jours à peine, je leurs disais combien j’étais heureuse d’être parmi eux, parmi les miens, remerciant les uns et les autres, les proches et les visiteurs, d’être venus célébrer avec moi le lancement de mon premier livre.  C’était l’ivresse d’un moment que je n’avais jamais encore vécu.  Le cœur chaud et la main moite, je souriais.  Une peur enfin disparue.  Mon peuple affirmait que je disais.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette chose que je ne peux nommer, leur sourire et leur fierté, je l’ai vu ce soir-là, alors que je récitais le discours appris par cœur.  Les regards que je croisais.  Les visages que je reconnaissais.  J’ai compris que j’étais la messagère d’une réalité beaucoup plus grande que moi.  Ils étaient si nombreux, à demander que je dédicace leur livre, tout fraîchement acheté, bientôt lu.  Même dans mes rêves.  Même l’imaginaire n’aurait pas fait mieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez-moi c’est comme ailleurs.  Je suis la fille d’une telle.  Je le resterai toute ma vie.  Mais cette étincelle dans leur regard.  Cette joie dans leur sourire.  Ma famille.  Mes amis.  Je ne veux jamais l’oublier.  Aussi fraîchement que la fleur déracinée, lucide comme la pluie rencontre le sol.  Ce soir-là, il pleuvait, mais y avait de la chaleur et de la lumière à l’intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seul que je n’ai pas pu remercier, c’est François Bon.  Je me permets de le faire ici, parce que je sais qu’il lira.  S’il suffit de croire en quelque chose pour qu’elle existe, bien je vous dois énormément.  Merci d’avoir cru que ceci valait la peine.  Car j’ai vu les visages et je sais que ça vaut la peine.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iame Unepessish, à bientôt.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7252100803482008896?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7252100803482008896/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/lancement-de-kuessipan-uashat.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7252100803482008896'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7252100803482008896'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/05/lancement-de-kuessipan-uashat.html' title='Lancement de Kuessipan à Uashat'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1660482884014577827</id><published>2011-03-29T06:04:00.000-07:00</published><updated>2011-03-29T07:46:59.642-07:00</updated><title type='text'>De l'intérieur</title><content type='html'>Il arrive quelquefois, venus d'ailleurs, des visiteurs fantasques qui au lieu de ballades sur les merveilleuses plages de la Côte, décident d'entrer de plein gré dans une réserve.  Ils restent quelques heures, font de courtes rencontres, observent et notent intérieurement les différences.  Mais ce qui n'arrive pratiquement jamais, c'est qu'ils choisissent de rester, de s'attacher, de partager.  Pratiquement, parce qu'il y a elle, madame la psychologue.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle parle Innu, simple dans ses manières, elle vit à Maliotenam, épouse de Putu, d'où le surnom Putushkueu, mère d'enfants métis. Elle est psychologue, travaille depuis de nombreuses années au dispensaire de Uashat. Elle a tout vu, tout entendu.  Lorsque l'hiver devient doux, elle part rejoindre la rivière, monter sa tente.  Il y a longtemps qu'on ne l'appelle plus &lt;em&gt;Kakussesheshkueu &lt;/em&gt;(la femme blanche).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous parle d'elle car elle m'a écrit hier.  Simplement pour me dire son appréciation de mon livre &lt;em&gt;Kuessipan&lt;/em&gt;.  Ça ma touché, comme ça me touche toujours de voir quelqu'un a lu et a aimé par l'entremise de quelques pages, les visages de mon peuple.  Cependant, que ça viennent ainsi de l'intérieur.  D'une femme qui sait.  D'une femme qui partage par choix la culture innue et tout ce que cela implique.  C'est à mon tour de dire merci.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Il fait toujours noir quand le train revient" Rien que cela et j'ai compris que tu avais tout cerné , tout ressenti. J'ai bien connu celui-là qui a acquis la connaissance de tout un peuple" ainsi que celle que le bonheur " avait finalement coincée". J'ai lu et relu avec le coeur la première fois, et mon âge de raison la deuxième fois. Un grand cadeau que tu nous offre et je veux t'en remercier. J'en suis encore toute émue. J'en parle à ceux qui m'entourent et je refuse de leur prêter, je veux qu'ils aillent se l'acheter!&lt;br /&gt;Je salue ton talent d'écrivain . Un style très personnel et éclatant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu as raison, personne ne" veut lire des mots comme drogue,inceste,..."&lt;br /&gt;Un grand merci donc pour avoir su décrire " le ciel d'un doux mauve qui crie au loup"&lt;br /&gt;Danielle Descent ( Putushskueu comme ils disent)...&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1660482884014577827?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1660482884014577827/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/de-linterieur.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1660482884014577827'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1660482884014577827'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/de-linterieur.html' title='De l&apos;intérieur'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-6322835651625460619</id><published>2011-03-15T19:58:00.000-07:00</published><updated>2011-03-15T20:43:22.858-07:00</updated><title type='text'>Kuessipan- À nous</title><content type='html'>Très enthousiaste de la publication papier de mon tout premier livre, je me suis promenée aujourd'hui de librairie en librairie pour me faire dire qu'il ne sera disponible que demain (tout de même disponible sur publie.net ;). Je ne l'ai toujours pas touché de mes mains, cet inclassable bouquin: poésie ou nouvelle? Je ne sais pas.  Je me suis jamais posé la question en l'écrivant.  Me disant tout bonnement que votre fil de l'entendement saurait mieux le classer que ma propre émotion littéraire.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'appelle Kuessipan. C'est-à-dire: à toi.  Le parfait reflet de l'intransigeance du message.  On ne discute pas avec la réalité.  On la décrit.  On l'écrit.  Parce qu'on la vit.  Kuessipan, veut aussi dire: à mon tour, à notre tour,de prendre partie, de se réaliser, d'être.  Kuessipan pour les chasseurs: la parfaite réponse  de l'autre qui au bout de la radio satellite lance Kuessipan quand il finit de parler.(over ou dix-trente, d'après les régions).  Seulement pour entendre la réponse.  Seulement, pour continuer les paroles.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;Mais Kuessipan, surtout une envie de dialogue, de se comprendre mieux, de laisser derrière tous les vieux préjugés.  Nous sommes un peuple qui partage les mêmes ambitions de richesses, de beauté et d’ardeur.  Nous sommes là.  Et vous êtes là. Le monde n'a de limite que la raideur de nos persuations.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kuessipan. C'est à vous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-6322835651625460619?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/6322835651625460619/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/la-vie.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/6322835651625460619'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/6322835651625460619'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/la-vie.html' title='Kuessipan- À nous'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2728427830608391219</id><published>2011-03-06T11:17:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T11:26:39.918-08:00</updated><title type='text'>Nuta, mon père</title><content type='html'>Ma grand-mère m'écrit sur facebook.  De courts messages bourrés de fautes et d'amour.  Aujourd'hui, elle m'écrit pour me dire que c'est l'anniversaire de mon père.  Il paraît qu'il aurait eu 46 ans. Elle me dit qu'il lui manque un peu à chaque jour et que ses pensées en cette journée triste volent une par une vers le ciel. Je n'ai rien dans mes souvenirs qui pourrait me rappeler cet homme à la peau foncée, à la beauté racée.  Rien qui pourrait s'envoler haut, très haut vers le ciel. Mis à part ceci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une photo que je garde avec toutes les autres.  Une image de lui en habit d'hiver couleur kaki.  Il porte sur son dos une carabine.  Sur sa tête, une casquette qui rappelle l'uniforme de l'armée.  N'a jamais été soldat, ni tireur d'élite.  Juste chasseur, dans les meilleurs moments de sa vie.  Un genou plié et à sa main, un lynx.  Le sang qui tache la neige lui donne victoire.  Des épinettes entourent la mémorable prise de l'homme. Il semble mal à l'aise, fixe la caméra.  Des yeux bruns, les lèvres pincés, le nez droit, de minuscules tâches de rousseurs sur ses joues.  Il est beau.  Une vingtaine d'années, pas plus.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une photo surnaturelle. La mort ne ressemble à rien, sinon à une image vide de souvenirs. Il n'est mort que pour ceux qui l'ont connu.  Pour les autres, il est soit un chasseur, soit un nouveau marié. Ces quelques clichés que je garde avec toutes les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Iame Nuta.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2728427830608391219?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2728427830608391219/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/nuta-mon-pere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2728427830608391219'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2728427830608391219'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/03/nuta-mon-pere.html' title='Nuta, mon père'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-8187595252081868407</id><published>2011-02-17T07:19:00.000-08:00</published><updated>2011-02-17T19:03:20.954-08:00</updated><title type='text'>Pourquoi j'aime Félix</title><content type='html'>Je l'ai lu pour la première fois il y a quelques années,  &lt;em&gt;Adagio&lt;/em&gt; de Félix Leclerc.  Un recueil de nouvelles que l'on dévore d'un bout à l'autre.  Des scènes de campagne, de terre labourée, du désastre que cause le feu et de l'amitié concrète entre habitants d'un même pays. Le pays, tel que Félix le concevait.  Un peuple pauvre mais fort.  Une territoire rigoureux mais riche.  La fierté comme idéologie à une époque où " il faisait gris, presque brun."         &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'ai relu dernièrement. Et je l'ai aimé davantage si c'est possible.  Un poète qui parle de son chez-lui, comme on parle de sa chérie.  "Son église, un matin de novembre froid et plein de lumière.  Il avait neigé la nuit.  L'air était pur, les routes, blanches."  Cette terre qu'il dépeint, ces visages, ces vies, c'était il y a longtemps.  L'amoureux fou de la belle Marie et le violoniste aux rhumatismes.  Ça ne s'invente pas.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime Félix.  Comme j'aime les traditions, les convictions, les imperfections, l'espace, l'hiver. J'aime Félix parce qu'il raconte une collectivité.  L'histoire des autres, des siens.  Des vérités sordides qui nécessitent l'apport d'une belle poésie.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j'aime Félix pour une autre raison.  S'il vivait encore je me dis que nous nous serions bien entendus,avec au coeur le même combat d'exister.  Nous aurions parler de changements, de peuple, de pays à nos risques et périls.  Il a inspiré énormément d'artistes Québécois, et Innu, et autres petites gens qui en dehors de l'individualité, ont voulu croire en la race.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-8187595252081868407?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/8187595252081868407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/02/pourquoi-jaime-felix.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/8187595252081868407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/8187595252081868407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/02/pourquoi-jaime-felix.html' title='Pourquoi j&apos;aime Félix'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4578018368385530638</id><published>2011-02-10T12:39:00.000-08:00</published><updated>2011-02-10T12:42:35.834-08:00</updated><title type='text'>Dilemme</title><content type='html'>J'aimerais vous parlez de la pièce de théâtre que j'ai vue hier. Vous dire pourquoi le génie humain me touche lorsqu'il me surprend, assise sur la dernière rangée du fond alors qu'une vieille dame se permet des soupires de rire entre deux coup d’œil dans ses  jumelles de luxe.  J’ai hâte d’avoir son âge.  J’aimerais encenser la pièce jusqu’à la rendre intouchable, pas seulement parce que le berceau de son auteur est Québec, mais parce qu’il arrive a rendre le regard des gens normaux spectaculaire, presque magique.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce n’est pas ça.  Hier, j’ai lu aussi.  Un journal sur le coin d’un bureau à la radio communautaire où je travaille.  Un article sur le Grand Nord Québécois.  S’avez, le Grand Nord n’est pas aussi loin qu’on s’imagine.   C’est juste isolé.  L’article débutait avec l’énumération des nombreux problèmes sociaux des communautés Inuites.  Un paragraphe pour faire le tour. Suffit de mettre les mots qui comptent : alcoolisme, pénurie de logements, suicide, pauvreté.  Ces réalités qui ne nécessitent aucun superlatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce n’est pas ça.  L’article parlait d’un fléau plus récent.  Récent ou très ancien.  Depuis quelques années, la tuberculose est en hausse dans les foyers trop étroits, mal aérés, surpeuplés des habitants du Nord.  Cette maladie aux allures d’une grippe, mais qui affecte le corps avec beaucoup plus de violence et s’installe en lui avec des odeurs de morts.  Toute la journée j’ai imaginé une cabane en bois habités par des toussotements.  Un crachat de sang dans un mouchoir et un paysage de neige pour voisinage.  Le tiers monde existe au Québec.  Il est isolé, mais pas si loin.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ressasser l’article toute la journée, jusqu’à huit heure moins quart.  Quelques minutes avant le début de la pièce.  La vieille femme toussote, l’homme avec elle est galant. Les lumières s’éteignent.  Et tout le génie créateur de Robert Lepage apparaît, petit à petit.  Un sourire sur mes lèvres.  Je partage l’humeur rieuse de ma voisine.  Le destin de deux frères, leurs différences, la rivalité et la face cachée des choses humaines.  L’éblouissement certain d’un homme qui s’envole.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, prise dans le dilemme de décrire la beauté ou le désastre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4578018368385530638?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4578018368385530638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/02/dilemme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4578018368385530638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4578018368385530638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/02/dilemme.html' title='Dilemme'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1697576308729201566</id><published>2011-01-13T09:06:00.000-08:00</published><updated>2011-01-14T17:31:23.905-08:00</updated><title type='text'>La tente</title><content type='html'>C'est la pluie qui m'a réveillé ce matin là. Des milliers de gouttes d'eau se fracassant sur la toile bleue, imperméable.  Il faisait gris, ça ne pouvait être la clarté du soleil.  L'odeur des branches de sapin qui tapissent le sol.  Des murs beiges, souples qui forment un parfait triangle au-dessus de la tête.  La fraîcheur vite combattue par le feu dans le poêle posé sur quelques briques, par précaution.  Fermer les yeux, même éveillée, pour ne rien perdre de la réalité, de ce maintenant.  Respirer aussi fort que possible cet air tantôt chaud, tantôt froid.  Le respirer d'aussi loin que le peuple se rappelle.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tente, un abri de fortune, un héritage, le choix du nomade, le répit après une longue marche, le plus paisible des sommeil, une toile posée sur des baguettes de bois.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1697576308729201566?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1697576308729201566/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/01/la-tente.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1697576308729201566'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1697576308729201566'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2011/01/la-tente.html' title='La tente'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4228203773684927260</id><published>2010-12-26T16:04:00.000-08:00</published><updated>2010-12-26T16:08:39.352-08:00</updated><title type='text'>Bribes 2</title><content type='html'>Au début, c’est tout petit.  Une idée furtive, un mot qui ne veut rien dire. Des images de soi qui paradent dans la tête, une signature comme un gribouillis.  Seule, dans une bulle mise là exprès pour les écarts d’imaginaire.  On se donne le premier rôle d’un scénario émotif et irrationnel.   Les autres trouvent insensé, irréel, presque comique les parcelles qu’ils comprennent.  Alors, on se tait, pour le cela qui est trop fragile à défendre.  Pour cette chose sans nom, sans reconnaissance.  Et dans le silence, dans le secret, tout doucement il grandit.  C’est la naissance d’un rêve.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4228203773684927260?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4228203773684927260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/bribes-2.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4228203773684927260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4228203773684927260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/bribes-2.html' title='Bribes 2'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-3278976668778335092</id><published>2010-12-15T19:32:00.000-08:00</published><updated>2010-12-15T19:36:58.368-08:00</updated><title type='text'>Bribe</title><content type='html'>Il arrive parfois que l’on s’enfarge, sans trop savoir comment. Un été chaud, de la moiteur et de l'ivresse.   La réalité vient aussi brutale que des pleurs de bébé durant un rêve fantasmatique.  Et sans trop savoir pourquoi, on se lève et on ne jure pas.  On remplit un biberon et on prend le petit être pour le mettre sur son lit, jusqu’au lendemain, jusqu’à la dernière nuit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-3278976668778335092?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/3278976668778335092/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/bribe.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3278976668778335092'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3278976668778335092'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/bribe.html' title='Bribe'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-5975371606532148205</id><published>2010-12-10T17:01:00.000-08:00</published><updated>2010-12-10T18:24:46.307-08:00</updated><title type='text'>Nordicité, avec Jean Désy</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"Partir pour un nomade, ce n'est jamais fuir, c'est plutôt rester en quête.  Partir, c'est faire en sorte que la quête se poursuive, inlassablement, en dehors du temps programmé"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étrangement, en lisant son livre, j'ai appris beaucoup plus sur Jean Désy qu'en le rencontrant pour le programme de mentorat.  Je savais qu'il était médecin, avait déjà pratiqué chez les Inuits.  Qu'il était écrivain, poète.  Qu'il enseignait à l'université, qu'il a quatre enfants.  Mais j'ignorais qu'il avait traversé le Grand Nord en skidou, avec le froid intense et les cabanes éloignées.  J'ignorais qu'il avait vu ces immenses glaciels qui nourrissent le courage des humains.  Je ne savais pas qu'il était, lui aussi, un nomade.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"On voyage par nomadisme intrinsèque, quand il y a de l'espace à parcourir, quand il y a des silences à écouter, quand il y a un passant, un étranger, un Nord-Côtier, un Innu, un Inuit ou un montagnard qui accepte de partager son gibier, son fromage ou une tasse de thé."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a partagé quelques cafés ensemble, dans ce bistro au nom imprononçable. L’endroit est étroit, les murs boisés, situé sur rue Cartier avec beaucoup de passants.  Je n’ai pas choisi mon mentor, on me l’a assigné, comme une évidence.  Chaque rencontre, un apprivoisement.  Des discussions qui s'amalgament, avec un but tout de même, l'écriture d'un livre, le mien.  Deux heures passent, je ne sais encore que très peu de lui. Personne ne se livre aussi facilement que dans un bouquin.      &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;"La toundra demeure le symbole même de la nordicité extrême, du nomadisme et de la grande liberté.  La toundra est une poème: elle nous appelle.  Mais il faut accepter son cri.  Car la toundra nous happe, nous englobe, elle nous prend et nous reprend, nous rend à nous-mêmes, nous fait poussière et molécule, parcelle d'air et de cosmos.  Alors nous retournons à nos origines, nous baignons dedans."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne visite pas souvent Nutshimit, la forêt du Nord, à cause de la distance, à cause de mes études, à cause des coûts, à cause de je ne sais plus.  Mais, je sais qu'un jour, j'irai là où il est allé.  Affronter le vent et sa morsure, regarder la lune se lever, dormir tôt et le matin partir.  Lorsqu'il parle de ses voyages, j'ai des images d'infini qui me reviennent en mémoire, et moi qui suis fière, je veux gravir ces glaciels et regarder de haut les îles lointaines.  Cette grandeur elle m'habite, un souvenir d'enfance.  Cela fait trop longtemps déjà.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Je ne suis qu'un autochtone qui a bâti sa cabane en attendant de décoller en canot.&lt;/span&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais qu'il aime nos modes de vie, nos manières, nos certitudes. Si l’autochtone est l'habitant de la terre, s'il l'a parcouru et admiré, s'il l'a combattu malgré les obstacles, malgré la bravade de la suprême nature, alors oui, il l'est. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci Jean&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les extraits sont tirés du livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'esprit du Nord&lt;/span&gt;, étition XYZ, par Jean Désy&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-5975371606532148205?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/5975371606532148205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/nordicite-avec-jean-desy.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5975371606532148205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5975371606532148205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/12/nordicite-avec-jean-desy.html' title='Nordicité, avec Jean Désy'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1067360115111667672</id><published>2010-11-29T20:22:00.000-08:00</published><updated>2010-11-30T08:48:28.594-08:00</updated><title type='text'>Nekuess</title><content type='html'>Je ne parle pas de lui très souvent, sinon en parallèle, sinon en marge.  Le petit être qui partage ma vie, la façonne, et bien souvent, l'oriente.  C'est parce qu'il ne parle pas beaucoup, mis à part lorsqu'il veut un autre biscuit, ou alors lorsqu'il crie maman en pleine nuit.  Il est petit, insensé dans ses manières; il dit des mots inintelligibles, me regarde avec insistance; il pense que je sais ce qu'il sait, si adorable lorsqu'il me pousse adroitement de ses de petits bras vers le but convoité.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est là, le matin, le jour, le soir, la nuit.  Cette petite personne à qui bien malencontreusement j'ai donné la vie.  Sans le vouloir, mais sans pouvoir la lui reprendre.  Il est né chauve, avec la peau foncé, des rides qui apparaissaient sur son front dans ses élans de larmes et avec de minuscules mains qu'on embrasse sans savoir pourquoi. Muashkuss, mon petit ours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est là le matin, engouffrant un bol de céréales alors que je bois tranquillement un café en parfaite étudiante.  Il est là le jour avec les dix milles voitures qu'il éparpille pour mieux que je nettoie.  Il est là le soir, dans ma solitude de mère, dans mes angoisses de ne pas être à la hauteur; il est là qui m'observe et me sourie, mon fiston. Il est ma poésie, si poésie est synonyme d'espérance, de beauté et de larmes versée.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un petit homme, haut comme trois pied, qui partage ma vie, lui donne vie, la rend belle.  Je souhaite qu'il tombera amoureux, j'espère qu'il rêvera plus haut que les étoiles le permettent, je veux qu'il croit, bien au-delà des règles bétons de la société, que la beauté est celle que le coeur imagine.  Un rêveur, un penseur, ne idéaliste.  Pauvre petit lui.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je t'aime fils&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1067360115111667672?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1067360115111667672/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/nekuess.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1067360115111667672'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1067360115111667672'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/nekuess.html' title='Nekuess'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-3024517705170625791</id><published>2010-11-25T09:59:00.000-08:00</published><updated>2010-12-08T21:23:08.998-08:00</updated><title type='text'>Innu aimun- la langue innue</title><content type='html'>La langue est le pari risqué d'un peuple.  Si elle survit, le peuple survit.  Et si elle se noie dans le pluralisme d'une société nouvelle, le peuple se noie aussi.  Oubliant la nécessité d'appartenir à ce qui leur est ancien, imprégné sur le sol des chemins parcourus.  Je possède deux langues, le français et l'innu, mais seulement l'une d'elles est mienne.  Parce que ma grand-mère saura que je parle d'elle si je dis &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Nukum&lt;/span&gt;.  Parce que mon fils comprend que &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Nekuess&lt;/span&gt; c'est aussi son nom.  Parce que l'amour profond que je porte à ceux qui me sont chers se traduit par un &lt;span style="font-style:italic;"&gt;tshe shuenemeten&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le risque dans le pari, c'est le libre arbitre.  Une professeur plutôt drastique de l'histoire de la langue française nous disait qu'il suffisait de trois générations pour éteindre une langue chez une famille immigrante.  Les grands-parents sont unilingues espagnol, les parents sont bilingues espagnol et français, les enfants ne parlent que le français.  Je ne suis pas immigrante, mais je vis dans une ville où personne ne parle ma langue.  Ce combat, je le mène moi aussi, et d'autres avec moi, pour que jamais nos enfants ne soient la dernière génération. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux qu'il apprenne à dire &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Neka&lt;/span&gt;, maman, lorsqu'il aura quelque chose de très important à me demander.  Je veux cette proximité, presque le secret, qu'apporteront nos conversations en innu dans les lieux publics.  Je veux qu'il comprenne ses petits-cousins de Uashat, et qu'il se sente appartenir à ce peuple de nomades qui ont toujours su nommer la moindre petite chose qui vivait, qui poussait sur le sol.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-3024517705170625791?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/3024517705170625791/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/innu-aimun-la-langue-innue.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3024517705170625791'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3024517705170625791'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/innu-aimun-la-langue-innue.html' title='Innu aimun- la langue innue'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1556792909043884962</id><published>2010-11-19T20:23:00.000-08:00</published><updated>2010-11-19T21:17:04.299-08:00</updated><title type='text'>Rendre à César</title><content type='html'>J'écris ceci, sans vouloir être flatteuse, mais parce que je crois que rien n'arrive dans le hasard.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un peu plus d'un an, j'ai choisi de suivre un cours de création littéraire de M. François Bon.  Mes choix de cours, je les ai toujours fait sans beaucoup d'appréhension, alors ce Bon dans le nom du professeur, ne m'apparaissait ni étranger, ni prometteur. La première fois que j'ai rencontré ce vieux Français à l'accent bien intégré, j'ai bien cru ne jamais rien comprendre de ce qu'il disait et de ce qui semblait si impératif que l'on comprenne. Dans sa gestuelle, dans ses mots, il était plus qu'expressif.  Il était implosif de cette passion que l'on contient qui jaillit bien au-delà du désir.  C'est ainsi qu'il était, en parlant de Simon, de Duras et surtout de Perec.  Lorsqu'il lisait, il tapait le tempo avec le pied.  Les textes que nous écrivions avaient tellement plus de rythme, de sens, lorsque c'était lui qui les lisait.  Nous avions l'impression d'être écrivains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'écris depuis mon enfance.  J'ai écrit un journal, des lettres sans correspondance, des textes courts, mes états d'âmes.  J'écrivais parce que j'aimais être face à moi-même, parce que j'aimais les belles tournures de phrases.  Mais jamais, je n'avais pensé, avant cette rencontre avec François Bon, que tout cela avait du sens, un quelconque intérêt.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a aimé, je suppose, les thèmes que j'abordais.  Touché d'entendre lire un autre peuple que le sien.  Il a cru que ce que j'avais à dire avait une importance, une portée.  Pour ma part, il a saisi, bien au-delà des mots, l'émotion abstraite de vouloir exister, de ne jamais être cloisonnée, de faire partie, mais d'être soi.  J'ai aimé lorsqu'il disait en critiquant mes textes: ça on s'en fout.  Plus encore: il faut oser dire que personne n'a vu Paris.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que l'on ne naît pas ni ne devient écrivain.  Je crois que ce sont les autres qui font de nous des écrivains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci M. François Bon&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1556792909043884962?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1556792909043884962/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/rendre-cesar.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1556792909043884962'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1556792909043884962'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/rendre-cesar.html' title='Rendre à César'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2145275358382102851</id><published>2010-11-14T16:35:00.001-08:00</published><updated>2010-11-14T17:42:19.516-08:00</updated><title type='text'>Pour elles</title><content type='html'>Tout récemment, mon livre Kuessipen qui signifie "À mon tour" en Innu, a été publié sur publie.net.  C'était un évènement! Dans ma toute petite existence de mère et d'étudiante, j'ai eu l'impression d'être quelqu'un. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dont je parle. Mon peuple les Innus, longuement appelé Montagnais mais qui depuis peu se sont réappropriés leur propre nom jusque dans les livres d'Histoire.  Ma réserve, mon village, Uashat qui signifie là où la terre se courbe, une baie.  Ma famille, ceux qui me sont chers, ceux que je connais, ceux qui m'ont appris les choses que je sais de la vie.  Mon garçonnet, mon espoir, mon rire, ma persévérance.  Je parle de lieux qui existent, je parle de choses qui ont lieu.  J'ai voulu être honnête, même si la réalité parfois nous écrase dans nos idéaux et nos rêves de devenir fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dont je ne parle pas, c'est ma peur solidement ancrée dans chacun de mes mots de ne pas être vraie.  De décrire une réserve que même ses habitants ne sauraient reconnaître.  De mentir sur notre nature si longtemps dénaturés par d'autres.  Je ne parle pas de ce que je n'ai pas vu ou entendu.  Certainement, je courbe les phrases, comme la terre se courbe lorsque l'eau va à sa rencontre.  Certainement, je ne dis pas tout.  J'ai voulu partager le fardeau bien lourd de mon peuple.  J'ai voulu que les autres saches la souffrance, pour la compassion que cela apporte, la compréhension au lieu de la pitié qui ne nourrit personne et dont personne n'en sort grandi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me disais, entre deux lavages, comme il serait plaisant que les gens parlent de mon livre.  Qu'ils le critiquent, comme si j'étais écrivaine.  Je rêvassais pour continuer d'être quelqu'un dans mon petit 4 et demi, tout juste grand pour mon imaginaire.  Puis, il y a eu une madame cjeanney sur Pages à pages qui a publié un texte magnifique qui rend le mien plus persuasif.  Je lui en suis très reconnaissante.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a eu confirmation de la pertinence.  Mais comment le décrire sans l'écrire, cette émotion que j'ai ressenti en faisant la lecture d'un de mes textes à ma mère et à sa soeur en pleine matinée, en buvant du café.  Je leur lisais deux paragraphes que j'avais écrit pour ma grand-mère, leur mère.  Mes souvenirs à moi, une femme qui avait donné la vie à dix-neuf enfants, qui nous nourrissaient à chaque visite.  Dans la simplicité qu'elle était, dans cette fermeté dont elle accomplissait toute sa besogne du jour.  Dans ses imperfections et dans sa beauté.  Ma mère et ma tante ont pleuré, comme on pleure sur une morte qui nous manque.  C'était elle, bien vivante dans les quelques mots que j'avais écrits.  Et c'est pour elles, pour ceux qui se souviennent que j'écris, aussi.  Tenter de laisser une marque plus ou moins tangible sur la longue humanité. Pour elles, et pour eux, qui restent fiers même dans la souffrance, fier d'appartenir.  L'espoir de voir renaître la fierté de mon peuple.  Bien au-delà des mots, il y a nous.                 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon livre sur &lt;a href="http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503793/kuessipen"&gt;www.publie.net http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503793/kuessipen&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La critique sur Pages à pages &lt;a href="http://pagesapages.wordpress.com/2010/11/11/kuessipen-de-naomi-fontaine/"&gt;http://pagesapages.wordpress.com/2010/11/11/kuessipen-de-naomi-fontaine/&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2145275358382102851?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2145275358382102851/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/pour-elles.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2145275358382102851'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2145275358382102851'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/11/pour-elles.html' title='Pour elles'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2827024146302222115</id><published>2010-10-16T19:52:00.000-07:00</published><updated>2010-10-16T20:27:39.640-07:00</updated><title type='text'>Bien lu</title><content type='html'>Il y avait des troncs d'arbres, ils étaient gigantesques.  Des têtes en ombres, ou des ombres de têtes, que sais-je, je tremblais de l'intérieur, bien au-delà des tressaillements de ma voix.  Les soupirs entre les mots ça allait toujours, c'est mes souliers à talons qui m'ont trahie.  Alors que je tentais tout bonnement de donner le rythme à mes mots en tapant du pied, je ne savais pas que le silence était trop parfait pour le sol en matière écho.  Drôle, peut-être.  Les mots j'espère ont tout de même passé le cap de l'intolérable bruit sourd des escarpins qui claquent et ont donné à voir ce qu'ils devaient montrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai parlé de la langue, de nutshimit la terre de mes ancêtre, de skidoo, de la danse qui rend fier, de la maison qui se meurt, de ma cousine.  Je n'ai pas parlé de Marco, ni des pères absents, ni de désinvolture, ni de la nuit, ni d'accident, ni de la mer.  J'ai commencé par &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Il dit&lt;/span&gt; et terminé par &lt;span style="font-style:italic;"&gt;silence&lt;/span&gt;.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai lu devant ces gens, ce que je voulais lire.  Je n'ai pas vu leur regard, leur approbation ou le contraire.  J'ai aimé leur partager.  J'ai voulu être sincère, j'ai levé les yeux et j'ai dis merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Récit d'une lecture-&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2827024146302222115?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2827024146302222115/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/10/bien-lu.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2827024146302222115'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2827024146302222115'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/10/bien-lu.html' title='Bien lu'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-6929172887903103679</id><published>2010-09-28T18:23:00.000-07:00</published><updated>2010-09-28T18:53:27.629-07:00</updated><title type='text'>Devenir</title><content type='html'>Croître, grandir, se tenir debout &lt;br /&gt;parler, ouvrir les yeux, se racler la gorge&lt;br /&gt;étudier, ouvrir des livres, fermer la porte&lt;br /&gt;se gêner, bifurquer, conduire prudemment &lt;br /&gt;lire, écrire sur un papier blanc&lt;br /&gt;se soûler, rire, trébucher&lt;br /&gt;maigrir, grossir, rester brune  &lt;br /&gt;rêver, s'acharner, réussir&lt;br /&gt;tomber, se sentir seule, se taire&lt;br /&gt;pardonner, se méfier, être désorientée&lt;br /&gt;désirer, fondre, donner la vie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;chatouiller, laver, crémer&lt;br /&gt;exister, vivre, devenir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an de plus, je ne vieillis pas, je deviens mature.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-6929172887903103679?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/6929172887903103679/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/devenir.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/6929172887903103679'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/6929172887903103679'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/devenir.html' title='Devenir'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4100970019916697327</id><published>2010-09-24T16:36:00.000-07:00</published><updated>2010-09-24T19:58:59.674-07:00</updated><title type='text'>La réserve</title><content type='html'>Quel idée originale! Sincèrement. De faire un documentaire sur le racisme entre les Québécois de laine et les Innus qui partagent ensemble le territoire de Sept-Îles, une ville qui chevauche la réserve de Uashat.  Un documentaire choc, comme on les aime, truffés de répliques qui scandalisent.  Des images d'un enfant en couche sur le sable de sa réserve et le si symétrique travelling des maisons de Uashat et de Sept-Îles, en alternance.  J'en suis si impressionnée que j'en ai mal au coeur, de ce coeur qui tente de ne jamais oublier où il est né.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Extrait du documentaire&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Rouge et Blanc&lt;/span&gt; de D-Cup Production (introuvable sur le web)&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=L41nGW1guxc"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=L41nGW1guxc&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un coup de poing.  Un effet qui renverse.  Une idée creuse qui cherchera à jamais son chemin vers la conscience.  Ce qui bouleverse, l'intransigeance des blancs, la maladresse des Innus à vouloir se faire comprendre dans une langue qui ne leur appartient pas, qui ne leur appartiendra jamais.  Pourquoi ne pas lui demander, à ce rouge, son sentiment profond vis-à-vis son village? Pourquoi demandez à cette blanche ce qu'elle ignore de sa propre histoire?  Elle dit: ils ont de la hargne.  Même lorsque les coups sont donnés, ils restent des blessures.  Sinon, les coups ne  servent qu'à faire parler les anciens.  Et je ne suis ni ancienne, ni empreinte de coups.  Je suis celle qui se révolte devant l'ignorance, la mentalité crasse et le racisme.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, j'ai un parti pris.  Bien sûr, je viens d'un village trop démuni pour être démoli par les siens.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je connais ce village, Uashat. J'y suis née, comme bien d'autres et comme ces autres j'ai grandi.  Tenter de comprendre pourquoi la pelouse ne pousse pas sur le sable, pourquoi les maisons se ressemblent toutes, pourquoi les clôtures n'arrêtent personne, pourquoi il n'y a pas d'arbres pour grimper. Je viens de là.  Je viens d'une réserve indienne, d'un de ces minuscules périmètres dans lesquels on nous a donné le droit de vivre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis aussi de la droite, de ce monde qui réclame le droit d'exister selon ses propres convictions.  Aucune gouvernance, sous aucune loi permanente ou non, ne devrait imposer à ses citoyens d'habiter un ou l'autre des territoires existants sous son monopole.  Je suis contre les réserves. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs, une réserve c'est quoi?  Un village anciennement barbelé? une restriction? un endroit pour préserver les animaux?         &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis de là, je n'ai jamais eu peur de dire que les premiers habitants de ce pays sont mes ancêtres.  Facile, lorsqu'on n'a pas connu les barrières, les distances, la haine et le sentiment de n'être rien.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est qu'un extrait du documentaire et je sens la honte qui monte en moi.  Je voulais écrire un livre qui donnerait une orientation juste ce qui est un village Innu de nos jours.  Que faire après cela?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4100970019916697327?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4100970019916697327/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/quel-idee-geniale-sincerement.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4100970019916697327'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4100970019916697327'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/quel-idee-geniale-sincerement.html' title='La réserve'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-3877899009072675565</id><published>2010-09-07T20:15:00.000-07:00</published><updated>2010-09-08T07:33:10.627-07:00</updated><title type='text'>Deux textes</title><content type='html'>Ce sont deux textes.  Sans opinion, sans foi.  Juste une vulnérabilité, une nostalgie, une sentiment de dépossession.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;À ma petite&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Quand il viendra, elle n’aura pas encore le droit de conduire, juste le devoir de s’instruire, Elle rougira de honte lorsqu’on lui demandera comment s’appelle son petit frère.  Elle sera seule jusqu’à minuit, les soirs de fête dans une maison peu spacieuse pour les rêves de princesse.  Elle aura vingt ans quand il fêtera son cinquième anniversaire.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle aura le double de son âge et aura l’impression qu’il la rattrape.  Jeune et belle.  Trente ans ce n’est rien.  Peut-être grand-mère à l’âge où certains s’achètent leur première maison.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui en voudra à seize ans de ne pas avoir été à la hauteur.  Se lamentera comme une bête pour une paire de chaussures neuves qu’il n’aura jamais portée.  Traduira son manque par un silence.  Son silence par la jeunesse, l’insouciance, l’irresponsabilité de ses parents.  Il criera qu’il est un accident et il aura mille fois raisons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il aura ses yeux à elle.  De la douceur dans ses gargouillements.  De la splendeur dans ses maladresses.  L’envie de vivre dans ses tétées.   Quand il viendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Enfant&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Une maison qui ressemble à toutes les autres.  Le vert des murs, le brun des poutres.  Des marches presque pas défaites, juste quelques fissures de bois qui marquent le temps.  Elle a mon âge, une vingtaine d'années à se tenir debout, immobile, sédentaire.  Mes empreintes, celle que j’ai laissées lors de mes premiers pas, celles que je laisse encore quelques fois lors des fin de semaines prolongées.  Ma mesure, de petites rayures sur fond blanc qui marquent mon enfance jusqu’à mes sept ans.  Une chambre parfaite pour trois petites filles et une autre juste à côté pour un frère aîné qui n’aime pas se chamailler.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière elle, il y avait un bois, petit, à notre grandeur.  Des framboises et des bleuets, mis là exprès pour les journées chaudes de juillet.  Les épinettes étaient rabougris, mais ils soutenaient les quelques planches en bois que mon frère avait clouées en guise de barricades.  Aujourd’hui, c’est un dispensaire et un dépanneur.  La clôture qui séparent la maison du stationnement n’arrête ni les soûlons, ni les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère tente de faire pousser du gazon sur du sable et je la félicite chaque fois que je vois les quelques bouquets de trèfles qui se brandissent les feuilles.  Il faudrait aussi refaire les fenêtres, les planchers et la peinture des murs.  La maison a vieillit au même rhytme que le mien je suppose, même si les choses vieillissent plus vite par là-bas, d’où je viens.  Personne ne s’en rend compte, mais elles vieillissent et puis elles meurent.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci d'avoir écouté&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-3877899009072675565?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/3877899009072675565/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/deux-textes.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3877899009072675565'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3877899009072675565'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/deux-textes.html' title='Deux textes'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4140491174766692828</id><published>2010-09-01T20:02:00.000-07:00</published><updated>2010-09-06T06:18:49.538-07:00</updated><title type='text'>Ma culture et les autres</title><content type='html'>Une question intéressante que l'on m'a posée dans un cours d'université en début de session: Qu'est-ce que la culture?  Je vous partage ma réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Se reconnaître cultivée ressemble étrangement à une flatterie, une caresse que l’on fait à son cerveau.  Petite, je lisais tous les livres de poche pour adolescentes que je trouvais à la bibliothèque de mon école.  Je lisais pour le plaisir et encore aujourd’hui, je me souviens très exactement les mots d’amour d’Ovila à Émilie dans &lt;em&gt;Les Filles de Caleb&lt;/em&gt;, alors que je ne pourrais jamais vous résumer la fin du livre&lt;em&gt; Le Père Goriot&lt;/em&gt;, faute de l’avoir lu dans sa totalité.  Bien sûr, on m’a imposé de la culture générale, la raison idyllique pour laquelle le cégep existe.  Heureusement, j’ai appris à aimer l’art dans son ensemble, pour ce qu’il est,  un moyen de communiquer.  Cependant, je réalise que le fait de reconnaître une toile de Picasso, de Monet ou de Caravage ne me rend pas plus cultivée que ce jeune adolescent que j’ai rencontré dans mon premier stage et qui me parlait des romans de Patrick Sénécal.  Je hochais la tête, mais je savais qu’il savait que je ne savais rien sur cet auteur ni sur ses œuvres.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La culture est quelque chose que l’on construit soi-même.  Ma culture, celle que je connais par cœur, ressemble à mes goûts, à mes couleurs, à mes plumes et à mes mots.  Sans doute, en me menaçant d’un échec, un professeur arriverait à me faire avaler Maupassant et sans doute, je ne retiendrai que l’essentiel, c’est qu’il m’a déplu.  Je sais également qu’il faut parfois persister dans une lecture plutôt lourde pour finalement se laisser séduire par la douloureuse histoire d’amour d’une &lt;em&gt;Thérèse Raquin&lt;/em&gt;.  Ou bien se laisser expliquer un &lt;em&gt;Carré noir sur fond blanc&lt;/em&gt;, pour apprécier le geste politique dans la démarche d’un peintre.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La culture peut être encouragée.  Le rôle de l’enseignant de français est celui de présenter des œuvres, des auteurs, des époques et des styles.  Dans un monde idéal, avant de tenter de faire avaler une poésie du passé à un jeune, on chercherait à savoir quel genre l’attire.  Puis, on s’attarderait avec lui sur les auteurs qu’il serait susceptible d’apprécier.  Quelques mois plus tard, il nous épaterait avec la dizaine d’Agatha Christie qu’il aurait dévorés et avec en prime une moyenne à la hausse.  C’est une théorie.  Cependant, je crois qu’il faut tenter de voir les jeunes du secondaire comme autre chose que des vases creux à remplir.  Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils ont des goûts et des saveurs.  Je ne dis pas qu’il ne faut pas imposer des livres,  je dis qu’il faut s’intéresser à ce qu’ils aiment et ne pas mettre un auteur dans leurs lectures obligatoires simplement parce qu’il est mort tragiquement il y a cent ans.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Vous en connaissez, j’en suis persuadée, des gens qui exposent leurs connaissances comme s’ils vous débitaient une fable de La Fontaine, sans passion et sans risque.  Ils savent, parce qu’ils l’ont appris, que la poésie de Nelligan est le début du symbolisme au Québec et qu’il est mort seul, supposément aliéné, le 18 novembre 1941.  Ces gens-là ne vous diront jamais ce qui les a émut dans &lt;em&gt;Le Vaisseau d’or&lt;/em&gt;, mais plutôt, ils vous citeront un critique littéraire renommé.  C’est un peu le contraire de quelqu’un que je considère cultivé.  Si une personne est capable de me citer en ordre chronologique tous les groupes de &lt;em&gt;métal&lt;/em&gt; qu’il connaît et qu’ensuite il est capable de jouer quelques morceaux sur sa guitare électrique, alors je saurais que cette personne possède de la culture, la sienne.  Le pire, c’est de ne s’intéresser à rien réellement, mais de simplement s’accrocher à ce qui est sensé être intéressant d’après les autres.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; D’ailleurs, la culture est une montagne.  C’est vrai.  Pensez à tous ces auteurs, ces peintres, ces sculpteurs, ces compositeur, ces réalisateurs, ces artisans, ces photographes et encore, il ne s’agit que des acteurs du domaine des arts.  Il y a encore les domaines de la science, des mathématiques, de la psychologie, de la philosophie et des dompteurs de chevaux, pourquoi pas?  J’y renonce.  C’est immense, presque étouffant, mais merveilleux tout à la fois.  Merveilleux parce qu’il démontre l’expertise et l’émotion grandiose de l’être humain.  La culture, c’est tout ça et c’est la mienne aussi.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens d’un peuple ancien, nomade et chasseur.  Ce que mes grands-parents m’ont légué, c’est la beauté dans les choses simples.  Une fleur brodée sur un mocassin en cuir.  Un tambour qui résonne bien au-delà des choses terrestres.  Un amour et un respect, pour ce qui ne dure qu’un temps et pour ce qui façonne l’avenir.  C’est ce qui guide ma culture.   C’est ce que j’aime.  L’émotion abstraite dans une toile pleine d’oies blanches de Riopel jusqu’à la simplicité des mots dans une chanson de Florant Vollant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La passion vient de la personne qui la ressent.  Tenter de transmettre sa propre passion est une chose noble, plus accessible dans l’enseignement.  L’enseignant est en mesure de faire apprécier les arts s’il est en mesure de les voir tels qu’ils sont, des œuvres empreints d’humanité et de réalisme, empreints de soi et des autres."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux pages, 1.5 interligne, times new roman et une excellente question pour une future prof.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4140491174766692828?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4140491174766692828/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/ma-culture-et-les-autres.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4140491174766692828'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4140491174766692828'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/09/ma-culture-et-les-autres.html' title='Ma culture et les autres'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-1073170225049844116</id><published>2010-08-23T20:19:00.000-07:00</published><updated>2010-08-23T21:12:47.230-07:00</updated><title type='text'>L'Arctique devient prospère</title><content type='html'>Ah oui? Il me semblait que ça fondait par là-bas.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est  riche, trop riche, et beaucoup l’ont vu venir, comme une huitre qui tranquillement fabrique une perle.  Elle fond, et heureusement qu’elle fond, car qui voudrait d’elle autrement, sinon un vieux ours blanc qui y vit depuis longtemps.  Elle vieillit et contrairement aux hommes, elle se bonifie comme le bon vin de France, de l’Amérique, de la Chine et bien sûr la Russie.  Comme une vieille habituée aux humeurs des autres qui ne fait que s’endurcir devant la vigueur de ses hôtes.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah oui? Et pourtant, la terre blanche est belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vastes étendues perpétuelles.  Comme une valse devant la grandeur d’un céleste Dieu.  Elle bouge et devient tendue, devient raide et glaciale.  Puis, baisse les épaules, s’incline et s’oblige.  Nourrit comme un vœu, des êtres qui ont faim, de cet air froid, de cette neige blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah oui? Mais que deviendront-ils?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas.  Personne ne le sait.  J’ai vu un ours polaire hier à l’Aquarium, étendu sur son morceau de béton blanc qui lui servait de glace et puis un guide fort instruit qui a excusé son inactivité par une banale raison de saison.  L’été, ils ne bougent pas.  Bien sûr.  Mais mon été ce n’est pas son été, ou sinon, aussi bien mettre son pays en couleur verte comme le mien sur les globes et les mappes monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah oui? Et puis encore?...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-1073170225049844116?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/1073170225049844116/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/08/larctique-devient-prospere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1073170225049844116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/1073170225049844116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/08/larctique-devient-prospere.html' title='L&apos;Arctique devient prospère'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7590448618280963870</id><published>2010-06-29T19:39:00.000-07:00</published><updated>2010-06-30T05:23:40.814-07:00</updated><title type='text'>Et pourtant</title><content type='html'>Il y a cette histoire qui m’émeut, que mon beau-frère m’a racontée dans le blanc des yeux.  Beaucoup plus belle dans la langue Innu, mais pour le plaisir de vos oreilles, je la relate ici en français :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« C’était ma grand-mère, il me dit, elle m’a parlé ainsi, quand j’étais jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Tout ceci est bien beau mon garçon.  L’ère moderne, les édifices plus hauts que le ciel. La facilité, les épiceries et les choses que je ne saurais nommer.  Tout ceci est beau.  Mais, il arrivera un jour, mon garçon, où tout ceci achèvera, se détruira, s’écroulera.  Alors, nous retournerons vers nos coutumes, nos manières de vivre qui semblent bien inutiles aujourd’hui.  Nous vivrons dans la forêt.  Nous prendrons de nos mains ce que la terre daignera nous offrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce jour-là, mon garçon, l’homme blanc viendra vers toi, te supplier à genoux de l’aider, et ce jour-là, mon garçon, tu l’aideras. Une fois de plus. »   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'esprit des vieux ne ressemble à rien, ni à la modernité, ni à l'indifférence.  Il est immuable comme une empreinte habituée au sol rigide.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7590448618280963870?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7590448618280963870/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/et-pourtant.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7590448618280963870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7590448618280963870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/et-pourtant.html' title='Et pourtant'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2806229603562491596</id><published>2010-06-28T10:14:00.000-07:00</published><updated>2010-06-28T10:30:07.951-07:00</updated><title type='text'>Le beau mensonge</title><content type='html'>J’aimerais être la seule à penser ce que je vais dire tout haut.  Mieux,  j’aimerais me tromper et devoir faire des excuses, des demandes de pardon, me morfondre et être restreinte à me créer un nouveau blog sous un pseudonyme.  Me la fermer à tout jamais avec mon pessimisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, je discutais avec un prof dans la quarantaine.  Un homme bien pensant, connaisseur, intrigué comme bien d’autres sur notre culture et nos manières de vivre.  Pas idiot, mais idéaliste, comme bien  d’autres aussi.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Y a-t-il un moyen de conserver votre culture, tout en vous adaptant à la société.  Ne pas construire des bulles. Être fiers de ce que vous êtes»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a parlé d’une faculté pour les autochtones à l’intérieur d’une université déjà existante, d’un scoutisme basé sur les connaissances des Premières Nations, d’une réécriture des légendes, d’une formation intensive de la langue écrite et parlée pour pouvoir aussi bien écrire en français qu’en Innu et être capable de parler un langage autre que celle&lt;em&gt; de cuisine&lt;/em&gt;, comme il disait .  Des idées, comme ça, que j’ai appuyées bien sûr.  C’est pas fou.  Je serais la première à inscrire fiston dans un programme de scout où il apprendrait à faire des feux à l’ancienne et à monter une tente traditionnelle avec des perches.  Je voudrais qu’il existe des cours spécialisé sur ma langue qui m’apprendrait à nommer les jours de la semaine, les mois, les chiffres, les quelques milliers de termes français que je suis incapable de traduire en Innu.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas pu m’empêcher de répondre tout de même :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tout ça c’est bien beau, mais c’est un rêve.  De prétendre que la nation Innue est toujours aussi proche et fière de sa culture.  Puis la culture, qu’est-ce que c’est? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a perdu beaucoup.  Plus que ce que l’on veut admettre en tant que peuple.  La langue s’affaiblit dans un continuel bilinguisme.  Une phrase peut contenir autant de mots français que Innu. Les chasseurs sont peu nombreux, peu adeptes à la transmission.  Les jeunes ne veulent plus courir les bois, la paresse a gagné le cœur des hommes ainsi que les crises dû à l’ingestion hebdomadaire de poutine et de Mcdo.  L’esprit des gens à changer, s’est perdu, s’est défait petit à petit comme une écharpe de laine quand on tire sur le fil qui dépasse.  La laine est devenue un petit tas qui ne se re-tricotera pas d’elle-même.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous savez? Je les comprends.  Qui voudrait savoir harponner un saumon de nos jours?  Le petit gars qui n’a ni canot, ni harpon, ni voiture pour se rendre à la rivière?  On va lui demander, à lui, de passer ses jours à apprendre la technique de l’harponnage alors qu’il est incapable de subvenir aux besoins de sa famille et que la seule chose qui l’intéresse ces temps-ci, c’est le jeu en réseaux qu’il réussi si bien après avoir fumé un joint.  Ou bien, pourquoi ne pas exiger de la jeune mère de ne parler qu’en Innu à ses quatre enfants, et de consulter son dictionnaire de la langue à toutes les fois où elle ne connaîtra pas la bonne traduction de &lt;em&gt;vaisselle, plancher, piscine?          &lt;/em&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être que tout ceci n’est pas une question de culture, mais une question de société.  La seule solution que l’on retrouve ces jours-ci face aux maux des réserves c’est le retour aux sources.  Mais où sont-elles ces sources?  Je ne les vois ni dans ma réserve, ni dans les autres.  Je ne vois que la misère et des vieux qui meurent sans n’avoir jamais rien dit de leurs savoirs si précieux.  La culture est un privilège pour les mieux nantis.  Les autres, ils s'en foutent éperduemment.   &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Je vous avais prévenus, c’est pessimiste.  Parfois, il faut être capable de regarder en face.  Plus tard on rêvera.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2806229603562491596?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2806229603562491596/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/le-beau-mensonge.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2806229603562491596'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2806229603562491596'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/le-beau-mensonge.html' title='Le beau mensonge'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2660354855704606802</id><published>2010-06-25T09:25:00.000-07:00</published><updated>2010-06-25T17:40:15.858-07:00</updated><title type='text'>À la Sainte-Marie</title><content type='html'>J’aime la poésie utile.  Des mots qui riment, qui m’étonnent, qui s’acheminent tranquillement de ma pensée à mon esprit sensible.  Des barrières qui s’effondrent et des phrases indépendantes qui servent des causes beaucoup trop grandes pour n’appartenir qu’aux autres.  C’est le cas, lorsque j’écoute Samian (annishnabe et français), son ton rassembleur et sa fierté d’être ce qu’il est.  Florent Vollant et son éternel battement de tambour qui rappelle les prouesses d’autrefois, l’immensité d’un pays et les déplacements incessants.  J’aime tous les Fred Pellerin, Loco Lacass et Lynda Lemay, parce qu’ils ont choisi les paroles comme armes et ils possèdent en eux une inflexion qui s’appuie sur l’intolérance face à l’ignorance, pire, face à l’indifférence.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il y a la Sainte-Marie.  Elle me fascine.  C’est une femme rouge de la tête aux pieds, bien petite pour une âme de cette ampleur.  Dans son dernier spectacle, elle prête la chaleur de sa voix aux innus.  L’album Nitshisseniten e tshissenitamin (Je sais que tu sais) est une œuvre qu’elle a écrit avec son amie Bibitte (Joséphine Bacon).  C'est de l’entendre prononcer si distinctement les mots et les rimes Innus, les syllabes qui glissent parfois dans la gorge et celles qui résonnent comme le bruit sourd du vent, comme la rivière épaisse qui file, un son creux, un souffle, une bouffée avalée aux accents de Pessamit.  Parce que la langue n’est pas simple.  Parce qu’elle se perd dans l’assimilation, dans la paresse et dans la modernité.  Elle, la Chloé, se tient raide, droite jusqu'au premier accord de guitare.  Puis, elle s’amenuise, souffre au-dedans d’elle la douleur des mal-aimés.  Je comprends alors, que le mépris n’est pas une question d’ethnie et que la souffrance est quelque chose que l’on peut porter à plusieurs.  Il aurait fallu danser, ce soir-là, lorsqu’elle a entonné le célèbre makusham du duo Kashtin, nous, les quelques Innus dans la salle et les Blancs aussi. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Quand aux artistes Innus, ils ont beaucoup de peine à se frayer un chemin dans l’industrie.  Peut-être est-ce le folk-country qui ne convient plus, ou bien peut-être est-ce la langue incompréhensible?  Peut-être devraient-ils adapter leur musique, à l’instar de Samian qui traduit ses textes en français?  Peut-être devraient-ils tous déserter leur réserve pour habiter Montréal, la grande Métropole?  Pour l’instant, il n’y a que la radio SOCAM (Société de communication Atikamekw Montagnais) qui les diffuse.  Vous pouvez écouter la radio en ligne sur www.socam.net&lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;Pour voir une interprétation de Chloé Sainte-Marie Mishapen Nitissinan, une chanson qui en dit long. &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=O4nqDfVjFnw&amp;NR=1"&gt; Clip &lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2660354855704606802?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2660354855704606802/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/jaime-la-poesie-utile.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2660354855704606802'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2660354855704606802'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/jaime-la-poesie-utile.html' title='À la Sainte-Marie'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-8249769498242002579</id><published>2010-06-11T08:49:00.000-07:00</published><updated>2010-06-11T09:23:00.312-07:00</updated><title type='text'>À quand la prochaine crise d’Oka?</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Les Innus de Matimekush-Lac John et de Uashat mak Mani-Utenam refusent de reprendre les négociations avec la compagnie minière Labrador Iron Mines&lt;/strong&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une histoire trop vieille pour être ravivée, mais cruciale pour des jours comme aujourd’hui.  La crise de 1990, celle des Warriors, celle des armes et de l’armée, celle de la barricade, mais surtout et ne l’oublions pas, celle d’un terrain de golf.  La ville d’Oka souhaitait agrandir leur terrain de golf, mais la communauté voisine Mohawks de Kanasatake affirme que ces terres leurs appartiennent et qu’elles abritent les vieilles âmes d’un cimetière.  Tout a commencé par une marche pacifique des Mohawks dans les rues de Kanasatake et de la ville d’Oka.  Et tout s’est très vite déstabilisé pour finalement dégénéré en une véritable guerre froide.  Un mort du côté de la police, beaucoup d’arrestations du côté des Warriors et de la haine, de la haine véritable entre voisins.  Je relate ceci et vous invite à visionner la dizaine de reportages de Radio-Canada archivés sur leur site web.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Aujourd’hui, les Innus de Matimekush-Lac John et de Uashat mak Mani-Utenam ont cessé toute négociations avec Labrador Iron Mines.  La compagnie minière qui cherche à reprendre en main les anciennes installations de l’IOC n’arrive pas à une entente spécifique avec les deux communautés.  Dans un communiqué de presse de l’Alliance Stratégique Innue, les 5 communautés membres approuvent et signent conjointement une lettre affirmant l’érection d’une barricade aujourd’hui même, le 11 juin 2010.  Ils contestent le fait que les gouvernements et les compagnies privées acceptent de faire des ententes sur leur territoire sans leur consentement.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Ont-ils autre choix?  Est-ce un précédant pour une autre crise de la même ampleur que celle d’Oka?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque communauté Innue mène ses propres négociations territoriales.  Celle-ci est spécifique au peuple qui habite Ushkututapan meshekenu (le territoire du chemin de fer), au Nord du 50e parallèle.  On appelle cette terre ainsi parce que la seule voie d’accès terrestre est le train.  Lorsque la mine de fer IOC a fermé ses portes en 1982, les Innus ont choisi de rester au sein  même de la forêt.  Ils ont élu domicile en terre sauvage et ce n’est par hasard si aujourd’hui ils refusent de la céder aussi facilement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était un terrain de golf et puis c’est une mine de fer, et ailleurs, c’est tout un terrain de chasse que l’on troc pour l’abrasion d’une forêt.  Les mohawks de kanasatake, les atikamekws de Manawan, de Wemontaci, les Wendats de Wendake, bientôt les Innus de Uashat, de Matimekush, n’ont plus de territoire de chasse.  Ils se piétinent dessus dans leurs minuscules réserves alors que les populations ne cessent de s’accroître. Et puis on s’étonne des barricades, du refus de négocier, de la palpable inflexion des peuples des Premières Nations d'aujourd'hui.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lien pour communiqué de presse Alliance Stratégique Innue http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/June2010/09/c3608.html&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-8249769498242002579?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/8249769498242002579/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/quand-la-prochaine-crise-doka.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/8249769498242002579'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/8249769498242002579'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/quand-la-prochaine-crise-doka.html' title='À quand la prochaine crise d’Oka?'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-2179861842242652568</id><published>2010-06-01T20:32:00.000-07:00</published><updated>2010-06-01T21:37:42.806-07:00</updated><title type='text'>Comme par hasard - La marche Amun</title><content type='html'>On est partis, fiston, mon amoureux et moi, en terre étrangère, pour le plaisir et pour être seuls, ensemble.  Nous avons pris la route qui mène à Montréal, avons continué jusqu'à la frontière, bien décidés à la franchir pour rencontrer le peuple Canadiens-anglais.  Il faut dire que je n'ai pas voyagé beaucoup dans ma vie.  À peine effleuré les Rocheuses et l'île Victoria, New-York et ses environs, pas plus.  Toute nouvelle patrie est apte à capter mon attention jusqu'à me faire dormir chez-elle.  Arnprior, à une quarante de minutes d'Ottawa, seulement parce que mon hommve préfère la campagne, mais j'accepte, la campagne c'est romantique et puis ça ressemble à chez-moi, ces petits patlins tranquilles dans lesquelles il ne se passe jamais rien de bien grave.  Mais ce n'est pas de ça dont je voulais vous parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ottawa, c'est la première fois que je la voie.  On marche quelques rues, pour la connaître.  Une photo du parlement, comme preuve de visite, le sourire satisfait et bébé qui regarde ailleurs.  Comme par hasard, la marche Amun se termine devant nous.  Amun signifie Parler, en langue Innu.  Un groupe de femmes ont marché de Wendake (Ville de Québec) jusqu'à Ottawa, devant le parlement pour dénoncer la situation des Premières Nations, plus particulièrement de la femme autochtone.  500 kilomètres à pied, pour faire honneur aux ancêtres qui ont si patiemment traversé le pays.  500 kilomètres, comme une certitude, une volonté, un espoir.  Nous sommes garés au bon endroit pour les voir terminer leur long portage.  La première, celle qui est à la tête du projet nous fait un sourire.  Elle porte en elle la victoire de sa bataille, la beauté de sa patience et l'espoir rassembleur d'une femme qui n'a pas eu peur de croire que nous pouvions encore marcher, porter, traverser le pays.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je les regarde passer, et il y a en moi cette fierté, si rare dans ces temps de misère.  Je les regarde jusqu'au tout dernier marcheur, muette tandis que mon amoureux les encourage par des cris.  Je voudrais les voir passer par centaines, par milliers.  Je voudrais que la marche Amun dure jusqu'à l'autre extrémité du pays, et je voudrais surtout en faire partie.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir je me contente d'être fière de les avoir admirées, ces femmes qui ont osé croire que ce n'était pas impossible, que ce n'était pas en vain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-2179861842242652568?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/2179861842242652568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/comme-par-hasard-la-marche-amun.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2179861842242652568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/2179861842242652568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/06/comme-par-hasard-la-marche-amun.html' title='Comme par hasard - La marche Amun'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-7587443828657846181</id><published>2010-05-11T13:19:00.000-07:00</published><updated>2010-05-11T13:53:54.240-07:00</updated><title type='text'>Atik, caribou</title><content type='html'>La situation était historique.  Plus d'une centaine d'Innus, issus des quatre coins de la Côte-Nord (serait juste de dire racoin), se sont assemblés à l'hôtel de Fermont pour revendiquer le droit de chasser le caribou en terre du Labrador.  Depuis l'interdiction de la chasse au Labrador, car bien sûr l'instinction de l'espèce est un désastre, les Innus cherchent et rôdent en forêt en vain.  Le troupeau qui passaient tous les ans sur nos terres, à quelques mètres de Shefferville, prend désormais un autre chemin.  Il doit contourner les rivières immenses créées par les barrages. Il doit survivre à un trajet beaucoup plus long, alors que son nombre diminue d'année en année.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chasseurs étaient présents, comme ils le sont depuis toujours, de père en fils.  Conscients du problème.  Conscients de leur survie à eux aussi.  Ensembles, ils ont franchit la frontière de la chasse interdite, ils ont installé leurs tentes sur la neige, près de la route.  Les chefs se sont réunis le soir dans la plus grande des tentes.  Ils ont parlé de choses passées, anciennes, traditionnelles aujourd'hui.  Il y avait de très jeunes chasseurs, de très vieux coureurs et quelques femmes pour faire cuire le pain frais de tous les jours, comme une habitude.  Ensembles, ils n'étaient plus des récalcitrants, des fouteurs de troubles.  Ensembles, ils étaient les guerriers de la race, comme l'ont été nos pères, prêts à se battre pour leur familles.  La chasse a été bonne. Plus de deux cent caribous tués, qui furent donnés aux familles dans les villages Innus.  On donne toujours priorité aux vieux, ceux qui ont passé l'âge de courir les bois, puis aux femmes seules, et finalement à tous les autres.  C'est ainsi qu'on distribue la viande, le saumon, et autres richesses dites naturelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chasseur est là, il raconte ces choses sans se presser.  Il dit, comme une promesse: Nous l'avons là, imprimé dans le sang.  Le caribou, nous irons le chercher où il sera.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-7587443828657846181?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/7587443828657846181/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/atik-caribou.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7587443828657846181'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/7587443828657846181'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/atik-caribou.html' title='Atik, caribou'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-3007670680022122519</id><published>2010-05-03T16:33:00.000-07:00</published><updated>2010-05-03T17:28:45.051-07:00</updated><title type='text'>Classe</title><content type='html'>Ils sont là, ils m'observent. Attendent que je dise quelque chose.  Il y en a un qui est beaucoup plus grand, plus costaud que moi.  Il est assis à la première rangée, le bureau le plus à gauche.  Une fille aux cheveux longs qui dessine dans son agenda.  Une petite avec un foulard rouge sur la tête rit les deux mains devant la bouche.  Un autre, derrière, qui fixe le sol.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ne savent pas que je ne sais rien.  Que je suis perplexe derrière mon grand sourire et mes mains qui se baladent sur mon bureau bien centré devant eux.  On m'avait dit de faire celle qui est au-dessus de ses affaires.  De ne jamais montrer ma peur.  Mais je n'y arrive pas.  Je ris lorsqu'un élève dit une blague un petit peu déplacée.  J'installe le silence pour le briser moi-même.  Je les écoute me parler de la partie de hockey d'hier.  Ils sont si nombreux à vouloir attirer mon attention, que je ne sais plus trop lequel écouter.  Je leur réponds en Innu, comme une grande soeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis tout à coup, ils me parlent de mutilation, de drogues.  Ils s'interpellent par des mots affreux comme violeur.  Je dis c'est pas bien.  Je leur dit d'arrêter.  Je confisque des punaises.  Ils me demandent pourquoi?  Je dis il ne faut pas, c'est tout.  Je voudrais être ailleurs.  Serrer mon fils très fort dans mes bras et lui dire combien il est précieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cloche sonne.  Nous sommes libérés.  Eux de leurs chaises.  Moi de mon incompétence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-3007670680022122519?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/3007670680022122519/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/classe.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3007670680022122519'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/3007670680022122519'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/classe.html' title='Classe'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-5707287672868351222</id><published>2010-05-01T11:35:00.000-07:00</published><updated>2010-05-01T12:06:04.066-07:00</updated><title type='text'>"De la honte à la fierté"</title><content type='html'>Il y a quelques années, une femme que j'admire a écrit un texte pour un travail universitaire.  Elle devait faire un parcours de vie, une sorte de témoignage.  Elle a parlé de sa réserve, où sa famille s'était installée, où elle avait grandi timide et réservée.  Elle a parlé de ses quatre enfants qu'elle a eu avec son mari avant qu'il  décède.  Puis de la petite dernière qu'elle a eu avec un amant avant qu'elle décide de déménager à Québec.  Elle a parlé de son rêve de fonder une famille nombreuse et de ses difficultés à l'élever une fois mis au monde.  Mais surtout, elle a parlé de sa gêne, de sa honte à elle, d'être une indienne.  Elle se trouvait ridicule, troublée, inadmissible dans un monde extérieur à son village.  Elle avait peur de tout.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, elle a rencontré une femme blanche qui lui parlait de son peuple avec compassion, de sa beauté à elle comme une transparence.   Cette confidente voyait en elle une âme plus grande que ce qu'elle-même, petite femme innue ne pouvait imaginer.  "La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde".  Elle est née de cette amitié, la nouvelle femme, celle que moi je connais, qui parle sans frémir, qui rie beaucoup, qui enseigne à une petite classe de jeunes Innus en difficulté, celle que j'appelle maman.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle termine son texte en disant merci, à cette amie qui l'a aimé, qui a cru en elle et qui l'a poussé à passer d&lt;span style="font-style:italic;"&gt;e la honte à la fierté&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un simple rappel à moi-même, pour ne jamais oublier que tout peut changer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-5707287672868351222?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/5707287672868351222/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/de-la-honte-la-fierte.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5707287672868351222'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/5707287672868351222'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/05/de-la-honte-la-fierte.html' title='&quot;De la honte à la fierté&quot;'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-470838813116251504</id><published>2010-04-29T07:22:00.000-07:00</published><updated>2010-04-29T08:05:01.073-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Quatre jours dans la réserve, comme retourner un quart de siècle en-arrière.  Rien n'a changé.  Les visages croisée au galeries montagnaises, le sable qui s'insère dans les souliers après une courte marche, les enfants sans tuque sur la tête malgré le vent, des filles qui traînent leur poussette d'une maison à l'autre, l'homme assis devant sa maison beige une cigarette à la main comme en attente de quelque chose.  Partout où je pose les yeux, la honte.  La mienne.  Je me suis accoutumée à la vue du fleuve et des lumières de Lévis, assise sur mon balcon, à Québec.  Les maisons anciennes qui agrémentent l'avenue Royale, les pelouses tondus beaucoup trop vertes pour être naturelles.  J'avais oublié qu'il n'y a pas que les bus qui font du bruit tard la nuit et que tout le monde ne va pas au restaurant le lundi soir, par habitude.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être si près de son peuple et se sentir si loin de leurs vies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a des choses que l'on raconte par coeur, comme le son du taueikan en plein jour de grande célébration.  Des rumeurs que l'on raconte à son amie, comme la blonde du gars qui le trompe avec n'importe qui.  Des choses incroyables que l'on dit à son frère, comme le petit garçonnet qui traverse le boulevard en courant et que l'on observe du rétroviseur en priant pour qu'il coure plus vite. Il y a des choses que l'on chuchote en secret à sa mère, comme le gars trop soûl qui n'a pas cesser de faire des avances à une fille trop jeune pour se défendre.  Mais, il y a des choses qui ne se répètent pas, ni en voiture, ni le soir, ni le jour, des choses trop sales, inexprimables, même par des phrases incomplètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De mon quatre et demi à Québec, j'ai rêvé sans savoir.  J'ai espéré.  Que sais-je?  Que suis-je?  La compassion n'est pas le propre de l'homme.  S'humilier jusqu'à fréquenter la misère non plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai hâte aux premières chaleurs de mai.  La saison du saumon qui nous guidera jusqu'à la rivière.  Je veux sentir l'odeur du feu jusqu'à tard dans la nuit, et celui des branches de sapin sous les tentes.  Je veux goûter au poisson frais pêché et voir dans le labeur des hommes la grandeur d'un peuple, de mon peuple.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-470838813116251504?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/470838813116251504/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/quatre-jours-dans-la-reserve-comme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/470838813116251504'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/470838813116251504'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/quatre-jours-dans-la-reserve-comme.html' title=''/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-956732151356552850</id><published>2010-04-21T13:29:00.000-07:00</published><updated>2010-04-21T14:06:54.853-07:00</updated><title type='text'>Colère?</title><content type='html'>Elle pose la question, celle qui est posée quelques fois par des gens courageux.  Elle dit: Pourquoi tu n'es pas en colère?  Contre les blancs, le gouvernement, la société, après tout ce qu'ils vous ont fait subir?  Non. Elle dit: que nous vous avons fait subir?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Autrefois, j'aurais sans doute détesté les blancs.  Leur culture et leur langue me seraient apparues comme un outrage.  Autrefois, si l'on aurait clôturée mon village et si l'on m'aurait mise dans un pensionnat dans le but ultime et avoué de me faire devenir blanche, je n'aurais pas compris et sans doute j'aurais détesté. Mon grand-père, l'un des seuls Innus qui a toujours refuser d'envoyer ses enfants au pensionnat, n'aimait pas les blancs.  Je suis capable de le comprendre.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois en l'égalité plus qu'en la supériorité.  La dignité des gens plus qu'à l'assimilation.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour moi, les choses sont différentes.  Je crois que ma culture a ses forces, le respect des vieux et de la nature, la proximité des gens qui crée la communauté, l'entraide, la débrouillardise pas seulement en forêt, le sens de l'humour; et ses faiblesses, le rapport avec l'argent plutôt difficile, les familles brisées par l'alcoolisme et l'inceste, le manque d'autonomie, le manque de scolarité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que peut-on apprendre des autres peuples? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai répondu à la question en nommant la seule chose qui me met vraiment en colère: les insultes que peuvent prononcer des blancs ignorants face aux Innus parce qu'ils ne sont ni taxables, ni imposables.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-956732151356552850?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/956732151356552850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/colere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/956732151356552850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/956732151356552850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/colere.html' title='Colère?'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4232365267362249182.post-4694126153836263540</id><published>2010-04-10T13:02:00.000-07:00</published><updated>2010-04-10T13:32:06.552-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Innu'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ignorance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='chant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='souple'/><title type='text'>Kuei- bonjour</title><content type='html'>Je cherche une place.  Entre la ville et la réserve.  La solitude et la communauté.  L'ambition et l'essentiel.  Les rêves de grandes filles et les devoirs de mères.  Je pense à l'espace que peut occuper une mentalité de village dans une si grande ville.   Et l'espace qu'occupe ma langue dans ma tête.  &lt;br /&gt;Il y a longtemps que je ne pense plus en Innu, que je ne vis plus réservée, que mes amis sont Latinos et Québécois de laine.  Pourtant, il ne suffit que d'une blague entendue au hasard des rues St-Jean ou St-Vallier, pour redécouvrir mon appartenance.  Une blague d'indien, non-payeur de taxes.  Ou bien encore, une envolée d'outardes brune pour me rappeler que la chasse sera bonne, que l'immigration n'est pas qu'une question de frontières et de cartes blanches.  Je suis Innue par naissance.  Par coeur.  Par choix.  Je ne porte pas de plumes ni de robes à franges.  Je ne suis pas chaude à l'idée de faire un portage en automne.  Ce qui résiste, ce qui vit, c'est l'hériatge de mon grand-père, de ma grand-mère, de ceux qui ont porté la culture au bout des doigts en brodant des mocassins à nos enfants.  Et c'est moi, et ma langue maternelle aussi souple que le chant du tambour et l'Histoire qui est la nôtre.  &lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;Que sait-on des autres, si ce n'est leurs différences?  Que voit-on des autres?  Doit-on combattre l'ignorance?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4232365267362249182-4694126153836263540?l=innutime.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://innutime.blogspot.com/feeds/4694126153836263540/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/kuei-bonjour.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4694126153836263540'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4232365267362249182/posts/default/4694126153836263540'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://innutime.blogspot.com/2010/04/kuei-bonjour.html' title='Kuei- bonjour'/><author><name>Naomi F</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09264586184781374557</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_UeEycgRsI2w/TMA9tZMQ86I/AAAAAAAAAA0/vPq376rP6s4/S220/Photo+naomi+1505.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
